Kaolack : pas de 4-avril cette année sur la mythique avenue El Hadji Abdoulaye Niass
Kaolack : pas de 4-avril cette année sur la mythique avenue El Hadji Abdoulaye Niass

SENEGAL-INDEPENDANCE-HISTOIRE

Kaolack, 1er avr (APS) – L’avenue portant le nom du vénéré El Hadji Abdoulaye Niass (1848-1922) à Kaolack (centre), rendue célèbre par son statut de “Place de l’indépendance”, ne va pas accueillir, cette année, le traditionnel défilé civilo-militaire du 4 avril dans la capitale du Saloum.

Le défilé du 4-Avril, qui se tenait habituellement sur l’avenue El Hadji Abdoulaye Niass, a été délocalisé à l’intersection entre l’avenue El Hadji Abdoulaye Niass et la Route nationale numéro 1.

“Une tribune de 400 places sera installée au niveau du rond-point situé vers le Complexe +Cœur de ville+. Ce qui va permettre à l’ensemble des participants d’avoir une bonne vue de l’éclatement des troupes dans un défilé grand format”, a annoncé le colonel Massamba Thiam, commandant de la zone militaire n° 3, lors d’une conférence de presse tenue la semaine dernière.

L’avenue El Hadji Abdoulaye Niass a été, dans un premier temps, la principale voie ferrée menant à la gare ferroviaire de Kaolack. Elle avait permis de mettre en place des points de collecte de graines d’arachide et était le pont de départ du train Kaolack-Bamako-Niger.

En plein centre-ville de la capitale du Saloum, à proximité immédiate du complexe “Cœur de ville”, elle constitue un axe routier majeur du quartier commerçant, entre Léona et Kasnack, à quelques encablures de la Préfecture, du Centre hospitalier régional El Hadji Ibrahima Niass, de l’Hôtel de ville, de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture et du fleuve Saloum, avec le port qui, jadis, fut un pilier économique très puissant, grâce au commerce de l’arachide et du sel.

Pour beaucoup, choix ne pouvait être plus juste et pertinent que de donner le nom du père du fondateur de la Fayda Tijania, Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass dit Baye (1900-1975), à cette “Place de l’indépendance” de Kaolack.

El Hadji Abdoulaye Niass fut, en effet, partie prenante d’une ligue de résistance contre l’expansion coloniale française fondée par Maba Diakhou Bâ.

En réponse à l’appel formel de l’Almamy du Rip, nombre de marabouts se rallièrent à sa cause.

En 1865, son père, Mouhamad Niass, quitta ainsi sa localité d’origine pour s’établir dans le Rip, l’actuel département de Nioro.

Cette même année, El Hadj Abdoulaye Niass le rejoignit et fonda le village de Taïba Niassène.

Il s’est surtout illustré par son engagement auprès des autochtones en faveur du développement de sa ville.

A cet égard, il entreprit diverses initiatives notables telles que la transformation de la mosquée, le forage d’un puits et la revalorisation des terres pour l’agriculture.

Il inscrit ainsi sa communauté dans le tissu agroéconomique du Bassin arachidier.

Parallèlement à ces activités, il établit son “daara” (école coranique) pour l’enseignement du Coran et des sciences islamiques et dirigea sa “zaouïa” (édifice religieux), en conformité avec les principes fondateurs de la Tijania.

ADE/HK/HB/BK