SENEGAL-RELIGION-FORMATION
Porokhane, 29 jan (APS) – La cité religieuse de Porokhane (centre), rendue célèbre par le Magal annuel célébrant la mère de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké (1853-1927), se distingue par la place importante qu’elle occupe dans l’éducation religieuse islamique et la formation professionnelle au Sénégal.
Porokhane abrite l’une des écoles coraniques les plus célèbres du Sénégal, voire de la sous-région, le ”daara Mame Diarra Bousso”, qui a la particularité de n’avoir que des jeunes filles comme pensionnaires, toutes étant des homonymes de la mère de Serigne Touba, Sokhna Diarra Bousso (1833-1866).
Les pensionnaires de cet établissement, venues de toutes les régions du Sénégal et même de la diaspora, y étudient le Coran et les fondamentaux de l’islam, en régime internat.
Les autorités de l’établissement, conscientes de la nécessité d’armer ses pensionnaires dans l’optique de leur insertion professionnelle, ont mis en place un centre de formation professionnelle leur permettant d’avoir un métier et de pouvoir, éventuellement, trouver un emploi décent ou entreprendre à la fin de leur formation.
C’est ainsi que ce centre a vu le jour le 1er octobre 2018, dans l’enceinte du ”daara Mame Diarra”, à la suite d’une convention de partenariat signée entre la fondation Mame Diarra et le ministère de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique d’alors.

”L’idée, c’est de permettre aux pensionnaires de cette école coranique de pouvoir suivre une formation professionnelle, après leurs études coraniques”, a expliqué Sokhna Ndèye Dia, la directrice dudit centre, précisant que cet établissement reçoit également, en externe, d’autres filles venues de Porokhane et des localités environnantes.
Le centre de formation professionnelle Mame Diarra de Porokhane compte six filières correspondant à des domaines tels que la restauration, l’habillement, la transformation des produits agroalimentaires, l’élevage, l’horticulture et la coiffure.
”La prise en charge ce centre et de ses 22 formateurs est assurée par l’Etat du Sénégal, à travers le ministère de la Formation professionnelle et technique. Néanmoins, nous avions déjà des formateurs qui sont encore là et pris en charge par la fondation Mame Diarra”, a souligné Sokhna Ndèye Dia.
Les membres de l’association des couturiers de Touba interviennent également à Porokhane pour renforcer les capacités des pensionnaires de l’établissement qui sert à l’occasion de site d’incubation.
”L’appui à l’insertion nous tient vraiment à cœur, parce qu’il ne sert à rien de former des jeunes et de les abandonner. C’est pourquoi, nous avons une cellule d’appui à l’insertion qui accompagne les sortantes du centre de formation par des modules sur l’entrepreneuriat”, a signalé Mme Dia.
Des partenaires du centre accompagnent ces filles en entrepreneuriat et en recherche d’emploi. Ils les placent en stage et les appuient aussi pour leur transport durant leur stage.

Selon le président de l’association des couturiers de Touba, Fallou Bèye, les membres de la structure, dont certains sont basés à Dakar, viennent chaque mois à Porokhane pour partager, pendant deux jours, leur savoir-faire avec les pensionnaires du centre par des exemples pratiques.
”Nous tendons la main à tous les tailleurs soucieux d’apporter leur concours dans la formation de ces jeunes filles”, a-t-il lancé.

Mame Diarra Ngom compte parmi les pensionnaires du ”daara Mame Diarra Bousso” qui ont entamé une formation en couture, après avoir mémorisé le Coran en 2023, huit après avoir intégré l’établissement en 2015.
”Je remercie Dieu et les responsables du ‘daara’, particulièrement Serigne Mountakha (actuel général des mourides), grâce à qui, j’ai appris et mémorisé le Coran, et aujourd’hui je suis en formation”, dit-elle.
Selon la jeune Mame Diarra, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké n’a pas attendu d’être à la tête de la communauté mouride pour s’impliquer dans l’éducation des filles, particulièrement celle des homonymes de la mère de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké.

ADE/SBS/BK

