Thiès, 2 jan (APS) – L’artiste musicien Ibou Mbissane Ngom, de son nom d’artiste Ibessong, veut à travers son premier album “Step by step“, sorti le 8 décembre dernier, “ressusciter” le reggae, qu’il estime relégué au second plan au Sénégal, où il reste confiné dans des hôtels et restaurants.

“Au Sénégal, le reggae est tellement faible qu’il est confiné dans les restaurants et les hôtels”, a dit à l’APS, Ibessong, faisant part de son ambition de “ressusciter” dans le pays ce genre musical qui est encore vivant à travers le monde.

Il compte s’y employer en “occupant la scène” déjà grâce à son nouvel album en huit titres, dans lequel  Ibessong navigue entre les thèmes de l’amour, de la question foncière, de la détermination, du panafricanisme, etc.

Dans “Leçons à ma génération”, il prodigue des conseils aux jeunes, les mettant en garde contre la drogue, pour les inciter au travail, à l’enracinement culturel et à rester dans le pays.

“Maman” est un titre dédié à sa mère et à “toutes les mères”, tandis que “Do what you do” est un hymne à la persévérance.  Dans “Struggling”, il se donne de la motivation dans l’espoir qu’un jour son art sera connu à travers le monde, puisqu’il n’entend pas se limiter au Sénégal.

Aujourd’hui âgé de 40 ans partagés entre son Dakar natal, la ville de Thiès où il a grandi, la Casamance et la Gambie, où le reggae est adulé et où l’ancien rappeur s’est décidé à emprunter la voie de Bob Marley.

L’artiste bat en brèche cette conception associant systématiquement le reggae au chanvre, estimant que “c’est du fanatisme”. “Je ne bois pas, je ne fume pas”, dit-il, considérant d’ailleurs cette vision biaisée comme “un frein au message du reggae qui doit être positif”.

Il sourit à la question de savoir si le reggae nourrit son homme. Ce n’est pas seulement l’argent qui le fait courir,  soutient l’artiste, qui dit surtout privilégier la conscientisation des jeunes à travers ses messages. D’ailleurs, il ne compte pas seulement sur la musique pour vivre, car il travaille le  batik, parallèlement à la musique, après avoir été maçon.

Ancien pêcheur, il avait fait office de “capitaine de pirogue déjà à 12 ans” entre Saint-Louis et la Mauritanie, à un moment où l’émigration irrégulière n’était pas aussi à la mode.  “Nous avons appris à nous orienter grâce aux étoiles, aux vents”, raconte-t-il, assurant ne pas être, pour autant, tenté par ce voyage.

Opposé à cette propension des jeunes à émigrer coûte que coûte, il les invite rester dans le pays pour “combattre l’injustice et créer sur place ce qu’ils vont chercher ailleurs”.

L’artiste invite les autorités à “appuyer davantage la culture” à Thiès, une “ville de culture” où il vit actuellement. Ce qui pourrait être un moyen d’aider les jeunes qui veulent s’expatrier de le faire par voie légale grâce à leur art.

Ibessong a démarré sa carrière musicale en 2003 en Gambie, avec un premier single désigné meilleur clip de l’année. Il y fait des tournées avec des artistes sénégalais, comme Pape Diouf, Fallou Dieng et Assane Ndiaye. En 2010, il sort une mixtape en collaboration avec Stamina Sound, en 2011 “Soldarou Jah” et en 2019, le single “Diangal ci mane”.

ADI/OID

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