SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 18 mars (APS) – L’accès sécurisé à l’eau, soit le fait d’avoir à domicile et en permanence une eau potable, est le “principal défi” à relever par les pouvoirs publics sénégalais, estime le coordonnateur de la Plateforme des organisations de la société civile de l’eau et de l’assainissement du Sénégal (POSCEAS), Abdoul Aziz Faye.
“Le principal défi de l’hydraulique reste l’accès sécurisé, qui demeure trop faible, malgré les efforts fournis et les financements importants réalisés en milieu urbain surtout”, a signalé M. Faye à l’occasion de la présentation, mercredi, à Dakar, d’un rapport consacré à l’état des lieux et aux chantiers à mettre en œuvre dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.
“Le taux d’accès à un point d’eau à domicile, disponible en permanence, exempt de matières fécales et de substances chimiques, était de 29 % seulement en 2024 au Sénégal”, a indiqué le coordonnateur de la POSCEAS.
Des “disparités fortes”
Il estime que c’est un niveau “très faible”, qui prouve que beaucoup d’efforts restent à être fournis pour améliorer “l’accès sécurisé à l’eau” au Sénégal.
“Le Sénégal a fait beaucoup d’efforts” dans ce domaine, car 91 % des Sénégalais avaient accès à l’eau en 2024, a reconnu Abdoul Aziz Faye.
Il a relevé cependant “des disparités fortes, [qui] subsistent néanmoins entre les milieux urbains et le monde rural, lequel accuse un retard de plus de 10 points”.
“Le secteur de l’eau et de l’assainissement connaît une dépendance très forte à l’égard des financements extérieurs. Cette dépendance peut rendre le secteur vulnérable aux conditions fixées par les partenaires financiers”, a expliqué M. Faye.

L’État, le secteur privé national, les ménages et les fonds dédiés au financement des politiques d’adaptation aux changements climatiques doivent concourir à l’amélioration du taux d’accès à l’eau potable, selon le coordonnateur de la POSCEAS.
D’après lui, la publication du rapport intitulé “L’eau, la vie et le développement humain” relève d’un processus mondial lancé à Johannesburg en septembre 2002 par le Secrétariat international de l’eau.
Ce document dresse un bilan de la politique de promotion de l’accès à l’eau et à l’assainissement au Sénégal, selon M. Faye.
Le rapport relève les inégalités en matière d’accès à l’eau entre les villes et les zones rurales. Il aborde l’implication des collectivités territoriales, la participation des usagers et des citoyens à la prise des décisions et le niveau d’efficacité des financements du secteur.
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