SENEGAL-HYDROCARBURES-ENJEUX
Dakar, 1er juil (APS) – Des officiels sénégalais et des responsables de la société civile ont réitéré la nécessité d’une utilisation optimale des revenus tirés de l’exploitation du pétrole et du gaz, à l’occasion d’un panel organisé dans le cadre de la troisième édition du Forum national sur la gouvernance du secteur extractif.
La transparence, la redevabilité et la gestion des revenus issus de l’exploitation du pétrole et du gaz font partie des thématiques débattues lors de ce panel portant sur sur le thème “Enjeux et opportunités pour une gestion transparente des revenus”.
Le directeur général des Hydrocarbures, Thierno Seydou Ly, a assuré que L’État du Sénégal perçoit effectivement sa part des revenus issus de l’exploitation des hydrocarbures, conformément aux mécanismes prévus dans les contrats de partage de production.
“Notre rôle est de veiller à ce que ces ressources soient exploitées de façon optimale, dans le respect des textes en vigueur et des intérêts de l’État du Sénégal”, a déclaré, lors de son intervention, le directeur général des Hydrocarbures, Thierno Seydou Ly.
Il est revenu sur les projets énergétiques phares du Sénégal, rappelant que Petrosen, la Société nationale des pétroles du Sénégal, détient 18 % des parts de Sangomar et 10 % dans GTA, le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), exploité par le Sénégal et la Mauritanie.
L’État perçoit dans le même temps sa quote-part dans le cadre du partage de la production et a choisi de recevoir cette part en nature avant d’en confier la commercialisation à Petrosen, a-t-il indiqué.
“À chaque commercialisation d’un tanker de pétrole ou d’un méthanier de gaz naturel liquéfié, l’État perçoit les revenus de la vente de sa part de production”, a-t-il précisé, ajoutant que les volumes revenant au Sénégal sont publiés chaque mois.
Selon lui, les dispositions contractuelles relatives au partage de la production sont pleinement appliquées et permettent à l’État de bénéficier directement des revenus générés par l’exploitation des hydrocarbures.
Le directeur général des Hydrocarbures a également évoqué les projets destinés à accroître la valorisation locale des ressources, notamment les travaux engagés à la Société africaine de raffinage (SAR) pour permettre le traitement du brut de Sangomar ainsi que la mise en œuvre du Réseau gazier du Sénégal (RGS), appelé à acheminer le gaz du projet GTA vers une centrale électrique dont la mise en service est attendue au premier trimestre 2027.
Il a, par ailleurs, assuré que l’ensemble des contrats pétroliers, leurs avenants ainsi que les décrets d’approbation sont accessibles au public depuis plusieurs années, soulignant que les audits des coûts pétroliers prévus par les contrats permettent de contrôler les dépenses déclarées par les compagnies avant le partage des bénéfices entre les partenaires et l’État.
Intervenant au cours du même panel, le président de l’Observatoire de suivi des indicateurs de développement économiques en Afrique (OSIDEA), Cheikh Oumar Sy, a estimé que les débats sur la gouvernance des ressources extractives devaient dépasser la seule question de la transparence pour s’orienter vers la redevabilité et la traçabilité de l’utilisation des revenus.
“Dès les premières phases d’exploration du pétrole et du gaz, la société civile a porté le débat sur la transparence. Aujourd’hui, nous avons dépassé cette étape. La transparence est une chose, la redevabilité en est une autre”, a déclaré l’ancien député.
Selon lui, les populations attendent désormais de connaître l’utilisation effective des ressources tirées du pétrole et du gaz, ainsi que leur impact concret sur les territoires.
“Le pêcheur de Saint-Louis ou celui de Fatick ne s’intéresse pas seulement au montant des recettes déclarées. Ce qui l’intéresse, c’est de savoir comment ces revenus améliorent concrètement les conditions de vie de sa communauté”, a-t-il déclaré.
Cheikh Oumar Sy a également attiré l’attention sur les difficultés du suivi de l’affectation des revenus extractifs dans le cadre du principe de l’unicité de caisse de l’État, rappelant la suppression du Fonds d’appui au développement local en 2019.
“Le problème fondamental, c’est la traçabilité des ressources jusqu’à leur investissement et leur impact, aussi bien au niveau national que dans les communautés affectées”, a-t-il insisté.
Interrogé sur la possibilité que les revenus pétroliers servent principalement au remboursement de la dette publique, il a estimé que cette préoccupation est légitime au regard du contexte économique actuel.
“La question fondamentale est de savoir à quoi serviront ces revenus. Est-ce qu’ils serviront uniquement à payer la dette ou permettront-ils aussi de financer le développement ?”, s’est-il interrogé, avant de saluer l’ouverture des autorités au dialogue avec les organisations de la société civile, tout en rappelant que les communautés attendent avant tout des retombées concrètes des ressources naturelles.
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