Dakar, 8 déc (APS) – Le Sénégal a besoin de préserver sa stabilité sociale et institutionnelle pour trouver des réponses satisfaisantes aux défis économiques auxquels il est confronté, a estimé, vendredi, à Dakar, l’analyste politique et économiste Gilles Yabi.

“Il nous semble important de porter le message de la démocratie comme étant un choix, comme étant une construction. Nous voulons montrer ici que le Sénégal a besoin de garder sa stabilité sociale et institutionnelle, si on veut trouver des réponses satisfaisantes aux défis sociaux et économiques”, a-t-il déclaré.

Gilles Yabi intervenait à une table ronde organisée par la Fondation Konrad-Adenauer (FKA), en prélude à l’élection présidentielle sénégalaise du 25 février 2024.

Cette rencontre était organisée de concert avec Wathi, un groupe de réflexion citoyen pour l’Afrique de l’Ouest, dont M. Yabi est le fondateur.

“C’est une élection importante pour le Sénégal, je dirai même pour le continent, au regard du contexte politique de la sous-région, qui est dominé par des coups d’État et une remise en cause profonde des principes démocratiques”, a-t-il souligné en parlant du scrutin devant permettre au Sénégal de se choisir un nouveau président.

Après deux mandats successifs, le président sortant, Macky Sall, arrivé au pouvoir en 2012, ne brigue pas un nouveau mandat.

“Repenser les systèmes politiques”

Gilles Yabi a évoqué le contexte de la sous-région marqué par la crise sécuritaire prévalant au Sahel et des remous notés dans certains des pays voisins du Sénégal, la Guinée-Bissau, par exemple.

Il en conclut que la prochaine élection présidentielle sénégalaise “est très importante” pour le pays.

“Elle est importante aussi pour la perception que les investisseurs ont de l’ensemble de la région ouest-africaine, parce que le Sénégal est considéré jusque-là comme un pays stable où on peut investir”, a relevé M. Yabi.

Il a insisté sur la nécessité de “repenser les systèmes politiques et d’avoir l’ambition de construire des démocraties fortes au Sénégal et en Afrique”.

“Nos démocraties doivent être plus fortes même que celles qu’on a ailleurs, parce que nos sociétés sont beaucoup plus complexes dans leur diversité”, a fait valoir l’analyste politique et économiste, affirmant que “les régimes militaires et autoritaristes ne sont pas les mieux indiqués pour répondre aux aspirations des populations et des jeunes en quête de liberté”.

ABD/BK/ESF

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