Gamou de Médina Baye, le ballet des pirogues et la ferveur des pèlerins des îles du Saloum
Gamou de Médina Baye, le ballet des pirogues et la ferveur des pèlerins des îles du Saloum

SENEGAL-RELIGION-REPORTAGE

Kaolack, 24 août (APS) – Le port de Kaolack s’anime peu à peu. Les moteurs grondent au loin, mêlés au clapotis des eaux. Sur le quai, l’attente s’allonge, les regards fixent l’horizon, guettant les premières pirogues venues des îles du Saloum.

‎Les embarcations apparaissent enfin, une à une. À bord, hommes, femmes et jeunes, certains vêtus de leurs habits de fête, affichent des visages marqués par la traversée, mais rayonnants de joie à l’idée de rejoindre Médina Baye. Environ soixante pirogues ont été mobilisées pour acheminer les fidèles au Gamou international de Médina Baye.

‎Sur le quai, l’effervescence grandit, les moteurs couvrent les voix, les bras s’agitent pour saluer, tandis que des bénévoles s’empressent d’orienter les pèlerins et de faciliter leur débarquement.

Sous une fine pluie qui s’est abattue par endroits sur certaines zones du Saloum, les arrivées se dispersent. Les pirogues ne forment plus un cortège compact, mais apparaissent par vagues, transportant des groupes de fidèles venus de Djirnda, Baouth, Diamniadio, Djirnda, Fambine, Fayako, Feli Moundé, Ngadior et Maya.

‎À peine débarqués, certains pèlerins reprennent leur souffle, d’autres se dirigent vers les espaces de restauration avant de rejoindre les bus mis à leur disposition.

Gamou de Médina Baye, le ballet des pirogues et la ferveur des pèlerins des îles du Saloum

Une tradition qui traverse les eaux

‎Parmi ces voyageurs, Djamilatou, habituée de la traversée, confie sa joie de retrouver l’ambiance du Gamou. “C’est toujours une grande joie de revenir au Gamou”, confie-t-elle.

‎Un peu plus loin, Doudou Sène, venu de Fayako, descend de son embarcation. Il voit dans ce voyage une expression de son attachement à Cheikh Ibrahim Niass, fondateur de la Fayda Tidjaniya.

‎Pour beaucoup de fidèles, la traversée du Saloum est plus qu’un simple déplacement. Elle constitue un rituel, une tradition familiale et communautaire qui se perpétue d’année en année.

‎Matar Diassé, président de la fédération départementale de Jamhiyatu Ansaru-Diin de Foundiougne, se félicité de cette mobilisation grandissante,  signe de “l’ancrage du message de Baye Niass dans les îles du Saloum”.

‎Il invite les pouvoirs publics à davantage valoriser cette forte mobilisation dans le cadre du développement du tourisme religieux.

‎Au port, l’accueil est minutieusement organisé. La Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Kaolack est à pied d’œuvre pour recevoir ces hôtes venus des îles.

‎Son secrétaire général, Abdoulaye Thiam, rappelle que cette opération est organisée depuis plus de vingt ans, prévue de la solidité d’une tradition qui continue de traverser les eaux du Saloum.

Gamou de Médina Baye, le ballet des pirogues et la ferveur des pèlerins des îles du Saloum

Cette année, plus de 3.500 pèlerins sont attendus. Plus de 4.000 petits déjeuners doivent être distribués et des bus mis à leur disposition pour assurer leur transport vers les lieux d’hébergement.

‎Sur le quai, les sapeurs-pompiers et plusieurs services de l’État participent au dispositif, orientant les arrivants pendant que les embarcations continuent d’accoster.

‎La coordination, explique Abdoulaye Thiam, est préparée en amont avec les autorités locales, les pèlerins et les différents partenaires.

‎Au fil des heures, le ballet des pirogues se poursuit. ‎Le port de Kaolack devient alors le théâtre d’une scène singulière : celle de centaines de fidèles traversant les eaux du Saloum pour répondre à l’appel du Gamou de Médina Baye.

‎Dans le vacarme des moteurs, mêlé aux salutations et chants, les îles du Saloum semblent elles-mêmes prendre le chemin de Médina Baye.

MS/HB/ASB/MTN