Financement de la lutte contre les MTN : un déficit de plus de 60 % en 2025
Financement de la lutte contre les MTN : un déficit de plus de 60 % en 2025

SENEGAL-SANTE-FINANCEMENT

Dakar, 19 août (APS) – Le Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées (PNLMTN) a enregistré en 2025 un déficit budgétaire de plus de 60 % lié en partie à la suspension du financement de l’USAID, a déclaré, mardi, Fatou Ndiaye Diop, responsable de la communication dudit programme.

”Avec le gel du financement de l’USAID, qui couvrait plus de 30 % des besoins, le gap est passé de 30 % en 2024 à plus de 60 % en 2025, compromettant l’exécution correcte des activités, notamment celles liées aux MTN à chimio prévention de masse”, a-t-elle expliqué.

L’Agence américaine pour le développement international assurait le financement de plus de 30 % des activités du programme via le projet Act/West.

Fatou Ndiaye Diop intervenait en marge d’un symposium avec les collectivités territoriales et les entreprises sur la mobilisation des ressources endogènes pour la lutte contre les Maladies Tropicales Négligées.

Selon elle, l’appui de l’État sénégalais ne représente actuellement que 6 % du budget total, le reste provenant de partenaires tels qu’ARISE, USAID/FHI 360 et Sightsavers.

”Pour assurer la durabilité du programme et l’élimination des MTN au Sénégal, un renforcement de l’appui gouvernemental est nécessaire, de même qu’une implication accrue des collectivités territoriales à travers une nomenclature budgétaire spécifique”, a-t-elle plaidé.

Selon Mme Diop, investir dans la lutte contre les MTN permet d’accélérer l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) et de renforcer la couverture sanitaire universelle (CSU).

”Chaque dollar investi dans ces maladies, rapporte jusqu’à 25 dollars de gains socio-économiques”, a-t-elle indiqué, précisant que le traitement des géo-helminthiases et de la schistosomiase coûte moins de 600 F CFA par personne et par an.

Elle a souligné que les MTN, qui affectent surtout les enfants et les femmes en âge de reproduction, freinent la productivité, aggravent la malnutrition et réduisent le rendement scolaire.

Fatou Ndiaye Diop a appelé à une mobilisation conjointe de l’État, des collectivités territoriales, du secteur privé, des organisations sociales et des partenaires techniques et financiers pour éliminer durablement ces maladies d’ici 2030.

Financement de la lutte contre les MTN : un déficit de plus de 60 % en 2025

AN/SKS/SBS/OID/AKS