Filières scientifiques : un levier clé de souveraineté et de compétitivité, selon un officiel
Filières scientifiques : un levier clé de souveraineté et de compétitivité, selon un officiel

SENEGAL-FORMATION

Dakar, 19 mai (APS) – Le développement des filières scientifiques, technologiques, techniques et agricoles constitue un enjeu majeur de souveraineté nationale et de compétitivité économique, a souligné le directeur général de l’Enseignement supérieur.

Selon Abdoul Aziz Diouf, cette question concerne également les ambitions du pays en matière d’industrialisation, de sécurité alimentaire, de transition énergétique et de transformation numérique.

C’est dans cette optique que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation poursuit une réforme systémique fondée sur l’innovation pédagogique, la professionnalisation, l’équité territoriale, l’inclusion des filles, le numérique, les partenariats avec le secteur privé et la recherche appliquée au service du développement national, selon le professeur Diouf.

A l’en croire, la Caravane nationale de l’Orientation 2026, qui a démarré ce mardi à Thiès, constitue l’un des leviers opérationnels majeurs de cette ambition, en allant à la rencontre des futurs bacheliers pour les accompagner dans des choix éclairés, en cohérence avec les priorités de la Vision Sénégal 2050. 

Il s’exprimait dans un entretien accordé à l’APS, dans le sillage de l’édition 2026 de cette caravane de l’orientation, une initiative du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) dont l’objectif principal est d’accompagner les lycéens dans le choix de leurs études supérieures.

Après son lancement officiel par le ministre Daouda Ngom, en présence de son homologue de l’Education, Moustapha Guirassy, la caravane de l’orientation va sillonner les régions de Dakar, Diourbel, Kaffrine, Ziguinchor, Matam et Tambacounda.

Concernant la manière d’intégrer davantage les approches pratiques, les laboratoires, les fermes-écoles et les outils numériques dans les cursus de formation professionnelle, le directeur général de l’Enseignement supérieur souligne que l’amélioration de la qualité pédagogique passe par quatre transformations convergentes.

La première consiste, selon lui, à ”rééquilibrer théorie et pratique de telle sorte que les formations puissent intégrer une part substantielle de pratique, à hauteur de 40 à 60 % du volume horaire pour les filières concernées”. 

”Cela suppose la généralisation des travaux dirigés appliqués, des projets de terrain et des stages obligatoires intégrés au cursus”, a -t-il fait observer.

La seconde transformation passe par la politique de développement des laboratoires et plateformes technologiques mise en œuvre par le MESRI.

”Le MESRI entend accélérer l’équipement des universités, organiser la mutualisation des laboratoires entre établissements proches et créer des centres de simulation. Ces investissements lourds nécessitent une planification pluriannuelle et la mobilisation des financements avec des partenariats et les entreprises pouvant céder des équipements professionnels”, a-t-il indiqué.

Evoquant la troisième transformation à opérer, l’universitaire préconise ”la généralisation des fermes-écoles intelligentes”.

”Les universités agricoles et les ISEP [Institut supérieur d’enseignement professionnel] à vocation agricole doivent intégrer dans leurs fermes-écoles les technologies modernes : irrigation intelligente, drones agricoles, capteurs IoT [Internet des objet, en anglais], énergie solaire, serres connectées et agriculture de précision”.

Il ajoute que ces dispositifs forment simultanément les étudiants au métier et aux outils numériques qui le transforment, créant un profil hybride très recherché par les entreprises.

Selon lui, un quatrième pilier de promotion et de développement des filières scientifiques et technologiques afin de soutenir la souveraineté nationale et de compétitivité économique concerne ”l’accélération de la transformation numérique pédagogique”.

”Elle doit porter sur plusieurs fronts simultanément : plateformes e-learning nationales, contenus numériques interactifs, réalité virtuelle et simulation, bibliothèques numériques et classes hybrides. Ces outils ont le double avantage de réduire les coûts et de démocratiser l’accès à la pratique, y compris dans les zones rurales et enclavées”, selon le DGES.

ABB/MTN/BK