Filière oignon : Ngomène et environs craignent une mévente, après l’ouverture du marché aux gros producteurs
Filière oignon : Ngomène et environs craignent une mévente, après l’ouverture du marché aux gros producteurs

SENEGAL-HORTICULTURE-COMMERCIALISATION

Thiès, 27 juil (APS) – Des producteurs d’oignon de la zone de Ngomène et environs ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’écoulement de leur production, après l’ouverture du marché aux gros producteurs.

“Nous avons des difficultés à écouler nos productions qui, depuis le mois de mars, avril, mai, sont stockées”, a déclaré Doudou Diop, président du conseil d’administration de la société coopérative regroupant des producteurs de Ngomène et environs.

Filière oignon : Ngomène et environs craignent une mévente, après l'ouverture du marché aux gros producteurs

M. Diop a indiqué, lors d’un point de presse tenu ce week-end à Ngomène, que les autorités leur avaient demandé de stocker les productions, du fait de la qualité de l’oignon, qui peut être conservé pendant “quatre à six mois”.

Selon lui, l’arrivée de l’hivernage, combinée au manque d’infrastructures de stockage, risque de leur faire  perdre une grande partie de leur production.

“Nous sollicitons la fermeture du marché aux gros producteurs”, compte tenu des difficultés d’écoulement. “En plus, nous ne disposons pas d’infrastructures de stockage”, a-t-il poursuivi.

“Nous devons vendre jusqu’à 9000, voire 10. 000 (FCFA) le sac”,  a dit le responsable, qui estime que ces prix restent “acceptables”, vu que les producteurs d’oignon ont “des coûts à supporter”.

Interrogé par l’APS,  le chargé de communication de l’interprofession oignon, Aly Ndiaye, a souligné la forte demande en oignon pendant la période du grand Magal de Touba.

“La consommation d’oignon au Sénégal tourne autour de 1.000 tonnes par jour, ce qui fait 30.000 tonnes par mois”,  affirme-t-il, ajoutant qu’avec les rassemblements religieux, “cette consommation peut aller jusqu’à 32.000 tonnes”.

Avec l’arrivée de l’oignon local sur le marché, l’État avait suspendu les gros producteurs, pour permettre aux petits producteurs d’écouler leur marchandise, a indiqué M. Ndiaye.

Relevant que certains petits producteurs veulent vendre leur production à “10.000 francs” CFA le sac, il précise que ce prix “n’arrange pas le consommateur”.

“C’est pourquoi les autorités, en particulier l’ARM [Agence de régulation des marchés], ont demandé aux producteurs indiens de vendre leurs stocks, afin de réguler le marché”, à l’approche du  Magal, prévu le 2 août, qui fait grimper la demande à l’intérieur du pays.

Filière oignon : Ngomène et environs craignent une mévente, après l'ouverture du marché aux gros producteurs

BT/ADI/BK