SENEGAL-AGRICULTURE-EVALUATION
Kaolack, 15 sept (APS) – Les acteurs de la filière maïs ont évalué, mardi, à Kaolack (centre), la mise en œuvre du protocole d’accord de commercialisation portant sur un objectif de 25.000 tonnes pour la campagne 2025-2026, une rencontre qui a également servi de cadre de préparation du prochain forum consacré à la filière, prévu les 15 et 16 octobre 2026, a constaté l’APS.
Le protocole signé le 2 décembre 2025 entre les producteurs et les industriels, à la suite d’une mise en relation facilitée par l’Agence de régulation des marchés (ARM), visait à renforcer la commercialisation du maïs local.
Selon le secrétaire général de l’ARM, Yaya Badji, l’évaluation a permis de relever plusieurs difficultés, notamment celles liées au financement, à la collecte et aux écarts entre les tonnages convenus et les quantités effectivement livrées.
”L’objectif principal est de faire une évaluation exhaustive du protocole entre les acteurs du maïs, particulièrement les producteurs et les industriels”, a-t-il expliqué.
Selon M. Badji, l’accès au financement demeure l’un des principaux défis de la filière, saluant à cet égard l’implication de La Banque agricole (LBA).

Le Sénégal importe chaque année plus de 400.000 tonnes de maïs, pour une valeur estimée à 80 milliards de francs CFA, a rappelé la directrice générale de la LBA, Fatma Fall Dièye.
“L’enjeu pour la banque, c’est vraiment d’infléchir cette tendance”, a-t-elle déclaré, précisant que la LBA entend renforcer son intervention dans le financement de la production et de la commercialisation.
Pour la campagne 2025-2026, la banque a porté à 2 milliards de francs CFA son portefeuille à la commercialisation du maïs.
Cette progression s’est accompagnée, selon Mme Dièye, de la mise en place d’un dispositif de sécurisation des financements, notamment à travers la domiciliation irrévocable, dans les livres de la banque, des règlements effectués par les industriels.
Elle a salué le remboursement intégral du crédit accordé dans le cadre de ce dispositif, estimant que ce résultat devrait permettre à la banque d’accroître davantage son accompagnement.
”Nous allons faire beaucoup plus sur la commercialisation”, a promis Mme Dièye, ajoutant que la LBA entend renforcer le financement de la production dans le cadre du projet “Grenier du maïs”, avec une enveloppe d’environ 600 millions de francs CFA.
Pour sa part, le président du Collège national des producteurs de maïs du Sénégal, Papa Banda Dièye, a salué la mise en place d’un circuit officiel de commercialisation, qu’il considère comme une avancée importante pour les producteurs.

Il a toutefois relevé que, sur l’objectif initial de 25.000 tonnes, seules 12.000 tonnes ont finalement été retenues comme base de commercialisation, certains acteurs n’ayant pas pu respecter leurs engagements.
Selon lui, l’organisation de la collecte et de l’évacuation des productions demeure l’une des principales contraintes de la filière.
M. Dièye a également fait état de difficultés liées au transport et aux tracasseries rencontrées par les producteurs lors de l’acheminement du maïs.
Il a notamment cité les contrôles et paiements imposés sur certains axes, dont les coûts supplémentaires finissent, selon lui, par se répercuter sur les producteurs.
Il a enfin soulevé la question des écarts appliqués sur les quantités livrées, qu’il juge préjudiciables aux producteurs.
Les différentes parties devraient signer, en octobre 2026, un nouveau protocole portant sur un objectif de commercialisation de 30.000 tonnes.
Le prochain forum sur la filière, prévu les 15 et 16 octobre 2026 à Dakar, devrait permettre de poursuivre ces échanges dans la perspective de renforcer la production, la commercialisation et la transformation du maïs au Sénégal.
MS/BK
