SENEGAL-SCULPTURE
Dakar, 25 avr (APS) – L’exposition des œuvres du sculpteur sénégalais Ousmane Sow (1935-2016) au Musée des civilisations noires (MCN) est une réparation, selon le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Bâ, estimant que l’artiste ”est revenu chez lui”.
”Il y a des silences qui (….) finissent par durer une période, celle d’une absence dont l’on n’a pas conscience. Aujourd’hui, sous les voûtes de ce Musée, nous ne nous contentons pas d’inaugurer une exposition, nous réparons une géographie sentimentale (…). Ousmane Sow est revenu chez lui”, a-t-il déclaré.
Le ministre Amadou Bâ intervenait, vendredi, lors du vernissage de l’exposition consacrée à la rétrospective de l’oeuvre de Ousmane Sow.
Le MCN accueille cette exposition qui sera ouverte au grand public à partir du 25 avril, pour une durée de 3 ans, avec cinquante œuvres originales du défunt sculpteur sénégalais, en guise d’hommage.

Les œuvres choisies pour cette rétrospective représentent six séries que Sow a réalisées, dont ‘’Nouba’’, ‘’Masaï’’, ‘’Zulu’’ et ‘’Peulh’’.
Le MCN présente également la série ‘’Merci’’ en hommage à de grands hommes, dont Toussaint Louverture (1743-1803) et Nelson Mandela (1918-2013), ainsi que la série ‘’L’homme et l’enfant’’, laquelle est dédiée à Victor Hugo (1802-1885) et à Moctar Sow, le père sculpteur.
”L’art d’Ousmane Sow n’est pas une simple mise en forme de la matière, c’est une insurrection de l’argile contre l’oubli, une épopée du terme et du mystère”, a dit le ministre de la Culture en présence des représentants diplomatiques, du secrétaire d’État à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique, des enfants d’Ousmane Sow et autres acteurs culturels.
À en croire Amadou Bâ, les œuvres d’Ousmane Sow ne sont pas des ”pierres froides”, elles sont ”pétries d’une chair inventive et d’une alchimie secrète”.
”Sous ses mains, l’anatomie n’est plus une science. Elle devient une poésie de la puissance. Ses Nouba, ses Masaï, ses Zulu ne tiennent pas debout par la seule force de leur aventure, ils tiennent par la dignité de leur posture. Ils sont la verticalité de l’Afrique”, a-t-il fait valoir.
Pour le directeur général du MCN, Mouhamed Abdallah Ly, les séries comme Nouba, Masaï, ou encore Zulu, ne sont pas que de ”simples évocations ethnographiques”, ce sont en réalité ”des méditations sur la force humaine, la cohésion collective, la beauté des héritages, la discipline des corps, et la noblesse des abattoirs”.
Prenant la parole au nom de la famille, Mariane Sow, a, pour sa part, salué la décision d’amener les œuvres de son père au MCN, pour une durée de trois ans, ”de manière à les ancrer dans son pays natal où il a toujours sculpté”. Cette exposition va ”permettre à tous les Sénégalais d’y avoir accès, car il a été à un moment question que les oeuvres quittent le Sénégal”, a-t-elle soutenu.
Cela fait presque trois décennies que les œuvres de l’artiste Ousmane Sow n’ont pas été exposées au Sénégal. L’une de ses expositions, présentée au pont des Arts, à Paris, avait reçu trois millions de visiteurs.

Le Musée des Civilisations Noires accueillera à partir du 25 avril prochain une rétrospective dédiée au sculpteur Ousmane Sow. Cette exposition, qui s’installe au MCN pour une durée de trois ans, marque le retour de l’artiste qui n’avait plus été exposé au Sénégal depuis presque trois décennies.
AMN/OID

