SENEGAL-ADMINISTRATION-REFORME
Pire, 17 sept (APS) – Le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), Matar Ndao, a fait état de sa satisfaction relative à la dynamique de modernisation engagée dans ce secteur, soulignant que 77 % des 629 centres d’état civil du Sénégal sont désormais couverts dans le cadre de ce processus, sans compter le déploiement d’un logiciel de gestion des faits d’état civil.
“À date, nous sommes à 77 % d’avancement sur les 629 centres que compte le pays”, a dit Matar Ndao, mercredi, lors de la célébration à Pire, dans le département de Tivaouane (ouest), de la Journée internationale de l’état civil, sur le thème “Mon identité, mon ombre, jamais se séparer”.
“Le déploiement est déjà effectif dans les régions de Dakar, Thiès, Louga, Diourbel, Fatick et Kaolack, [et] l’ANEC prévoit de l’étendre à Tambacounda le mois prochain, puis aux régions du sud au cours du dernier trimestre”, a précisé M. Ndao.
Il a évoqué la plateforme “Sama État civil”, qui permet aux Sénégalais de soumettre leurs demandes de documents en ligne.
À Pire, les usagers peuvent déjà effectuer leur demande à distance et retirer le document auprès du centre d’état civil.
La possibilité de choisir un lieu de retrait différent ou de recevoir certains documents sur téléphone reste conditionnée, selon lui, à l’adoption d’un cadre légal par l’Assemblée nationale.
Matar Ndao a, par ailleurs, souligné l’importance de l’interconnexion entre l’état civil et d’autres secteurs publics, notamment la santé, l’éducation et la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF).
“La santé, aujourd’hui, peut directement, depuis les maternités, enregistrer des naissances dans notre système”, a-t-il expliqué, ajoutant que cette interopérabilité doit favoriser la disponibilité de données fiables et harmonisées.
La sécurisation des actes constitue également un axe majeur de la réforme. L’ANEC a mis en place plusieurs niveaux de contrôle permettant de vérifier l’authenticité des documents d’état civil auprès des administrations et autres structures habilitées.
“Nous avons beaucoup poussé [la réflexion] sur six niveaux de contrôle, comme cela se fait avec les billets de banque et les passeports”, a indiqué le directeur de l’ANEC.
Cette mesure vise notamment à lutter contre la fraude documentaire et à contribuer à la constitution d’un Registre national fiable, utile à la planification des politiques publiques.
S’agissant de la protection des données personnelles, Matar Ndao a assuré que les informations relatives à l’état civil sont hébergées au Sénégal, dans un datacenter appartenant à l’État.
“Nous l’avons mis sur trois sites différents, mais tout est à l’intérieur du pays”, a-t-il précisé, soulignant que ce dispositif vise à renforcer la sécurité des données et à réduire les risques liés aux cyberattaques.
Le choix de Pire pour abriter cette célébration répond, selon lui, à la volonté de rapprocher davantage le service public de l’état civil des populations.
“Nous ne pouvons pas rester dans les bureaux. L’objectif, c’est d’aller sur le terrain, de rencontrer les populations”, a-t-il justifié.
Un forum populaire ouvert aux habitants de Pire, tenu dans le cadre de cette journée, a donné lieu à des échanges sur les enjeux de l’état civil.
L’ANEC a élevé, à cette occasion, élevé le maire de Pire, Mamadou Ndoye Bane, au rang d'”ambassadeur de l’état civil”, une distinction honorifique déjà décernée, selon M. Ndao, à l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal et au maire de Dakar.
La Journée internationale de l’état civil vise à rappeler l’importance de l’enregistrement des naissances, mariages et décès, ainsi que la nécessité de garantir à chaque citoyen une identité sécurisée et reconnue tout au long de sa vie.
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