Dakar, 12 juil (APS) – Le livre ‘’Eres et repères : L’âme du griot’’ du journaliste et chercheur Birame Demba Ngaary Faye retrace l’histoire du Sine d’hier à aujourd’hui, à travers le parcours familial et professionnel de l’auteur.

Cette autobiographie de Birame Demba Ngaary Faye, se veut un ‘’repère’’ de l’histoire du Sine, traverse les âges, les générations, les ‘’ères’’, selon son auteur qui revendique son statut de ‘’griot’’.

Dès l’introduction, Faye, ‘’griot de naissance, fier de sa griotitude, gardien de la tradition, à l’image de ses aïeuls’’, dit partager ainsi à travers ce livre ‘’les mille et une péripéties de la vie d’un Sérère enraciné dans ses origines et pleinement ouvert à la marche du monde moderne’’.

Il retrace dans son ouvrage l’histoire de son Sine natal sur fond d’un tumultueux cursus scolaire et professionnel. ‘’J’appartiens à une famille qui a joué un rôle extrêmement important dans la cour royale du buur Sine’’, revendique-t-il.

‘’Sérère de père et de mère, je suis fier d’appartenir à cette grande ethnie du Sénégal et très habilité à évoquer dans les pages qui vont suivre de grands pans de l’histoire du Sine. Et pour cause, je suis détenteur d’un legs transmis de père en fils. Cet héritage me permet d’évoquer (…) le vécu de mes ancêtres, l’épopée de l’ancien royaume du Sine…’’, déclare l’auteur dès les premières pages du livre.

Le récit de Birame Demba Ngaary Faye est structuré en trois parties distinctes, selon son préfacier Galadio Touré. La première évoque les souvenirs de son enfance et sa jeunesse, ainsi qu’un pan de l’histoire du Sine, mettant cette occasion à profit pour jeter un coup d’œil sur son passé. Il cite ainsi quelques noms de ‘’jeunes du refus’’ qui ont marqué le Diakhao, à l’image de Bouré Touré, Tidiane Diop et Yadicone Ngom, entre autres.

L’auteur livre la saga des bouffons et saltimbanques qui égayaient la vie à Diakhao. Il fait aussi un focus les associations ou clubs de quartiers qui assuraient l’animation culturelle de la localité, dont la vie économique était tenue par les Libano-Syriens, les Juifs et les comptoirs commerciaux français.

La troisième partie de l’ouvrage revient sur la période pendant laquelle l’auteur dut quitter son village Diakhao pour Dakar ‘’la tumultueuse’’. C’est l’occasion pour lui de revenir sur des moments clés de son cursus secondaire dans la capitale et sa vie d’adolescent dans des quartiers populaires de cette grande ville, de ses débuts dans le journalisme au quotidien national ‘’Le Soleil’’ comme correspondant à Thiès à son intégration à l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Le livre ‘’Eres et repères : L’âme du griot’’ consacre une trentaine de ses pages (de la 90e à 125e page)  à l’histoire du royaume du Sine, d’hier à nos jours, ses limites, son organisation et son fonctionnement. Il narre l’histoire des 57 rois qui se sont succédé au trône sur lequel brillèrent trois familles : Faye (16), Diouf (18) et Ndiaye (8).

L’auteur est surtout revenu sur le règne de 1897 à 1924 du roi Bour Sine Coumba Ndoffène Fande Diouf.

Le préfacier Galadio Touré estime que le titre de l’ouvrage ‘’Eres et repères : L’âme du griot’’ renvoie au vécu de l’auteur, qui est ‘’un témoin lucide de l’avant et l’après indépendance’’.

Pour ce long chapitre qui s’étale de la 88e à la 158e page, l’auteur dresse une liste de quelques figures emblématiques du Sine exclusivement composées d’hommes, dont le premier est le président Macky Sall, ‘’digne continuateur des œuvres accomplies par les rois du Sine’’ et dont les réalisations sont énumérées par l’auteur.

Il y évoque aussi Me Khar Coumba Ndoffène Diouf, en dépeignant ‘’la vie princière d’un éminent intellectuel’’. Il parle de Mahécor Diouf ‘’le colonel laisse ses hommes à quai.  Il décrit Joseph Alexandre Diouf comme ‘’un prince du Sine né à Brin en Casamance’’ et Ibrahima dit Ibou Diouf Ngoodo ‘’le parcours sans faute d’un enseignant politicien’’, Premier maire de la région de Fatick.

Dans cette galerie de portraits figure également le docteur Alioune Sarr, ‘’le fils d’un chauffeur-ambulancier devenu médecin’’ et qui en 1994 a été propulsé à la tête du Comité national de gestion de la lutte.

‘’Il y a des figures féminines emblématiques du Sine, c’est un oubli de ma part, j’en parlerais dans le tome 2’’, promet-il à la question de savoir pourquoi seuls des hommes sont cités dans l’ouvrage.

Il termine son récit par un hommage à deux enfants aujourd’hui disparus : Ndèye Aïssatou Faye, 11 ans, et son demi-frère, Mohamed Lamine Faye, 17 ans.

Journaliste autodidacte, ‘’griot historien’’ comme il se définit, Birame Demba Ngaary Faye est né à Diakhao, fief de la royauté du Sine. Ayant travaillé comme agent commercial à la CFAO, une entreprise spécialisée dans l’automobile, à la Société d’importation, de distribution et d’exploitation cinématographique (Sidec) à Thiès, il s’adonna par la suite au journalisme jusqu’à la retraite.

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture, une passion à laquelle il avait commencé à succomber en classe de Cm2 dans les années 60 avec le journal de classe ‘’Son du joung-joung’’.

FKS/ASG/OID

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