SENEGAL-AFRIQUE-DEFIS
Dakar, 3 fèv (APS) – Une rencontre scientifique de trois jours consacrée aux enjeux de la recherche et aux défis de la transversalité des savoirs en Afrique s’est ouverte mardi à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, à l’initiative de l’École doctorale Arts, Cultures et Civilisations (ED-ARCIV), dans le cadre de la première édition de ses Doctoriales.
Placée sous le thème ‘’Recherche scientifique et transversalité des savoirs : enjeux, défis et perspectives pour l’Afrique’’, cette rencontre, qui se poursuit jusqu’à jeudi, vise à instaurer un cadre collaboratif et transversal de réflexion et de formation, a expliqué la présidente du comité scientifique, Marième Hady Wane Ly.
Elle indique que l’approche transversale permet de penser “les dynamiques littéraires, culturelles” afin de produire une ‘’connaissance ancrée et ouverte’’, en faisant dialoguer ‘’savoirs académiques et savoirs endogènes’’
Cette rencontre scientifique intervient dans un contexte marqué par des défis persistants pour la recherche africaine, notamment le déficit d’infrastructures technologiques, l’insuffisance de financements, la faiblesse des partenariats durables avec les acteurs socio-économiques, a-t-elle poursuivi.
Une centaine de communications portant, entre autres, sur “l’Intersectionnalité : race, genre et identité’’ et les ‘’stratégies discursives en langues nationales et en langues étrangères’’, a détaillé la professeure Marième Hady Wane Ly.
Les participants plancheront également sur les enjeux socioculturels des littératures de la marge, la dynamique et la transmission des langues nationales, ainsi que sur les thématiques liées à la globalisation et aux regards décoloniaux.
Considérer l’Afrique comme un “sujet pensant” et non comme un objet
Les expériences de guerre et les représentations de la violence, les questions de migration, d’identité et de subalternité, ainsi que les trajectoires biographiques et la résilience à travers les récits de vie figurent aussi parmi les axes de réflexion.
Les débats porteront par ailleurs sur les perspectives critiques des systèmes éducatifs, la condition humaine dans la littérature contemporaine, la didactique des langues étrangères en contexte multilingue, l’héritage patrimonial, ainsi que les transferts interculturels entre l’Égypte pharaonique et l’Afrique subsaharienne.
Le directeur de l’école doctorale Arts, Civilisations, et Cultures de l’Université Cheikh Anta Diop, le professeur Amadou Tidiany Diallo s’est attardé sur les dynamiques de recherche et l’animation scientifique dans cette école doctorale créée en juillet 2008.
Il a indiqué que durant la période 2017-2024, quelque 193 thèses de doctorat ont été soutenues dans les différents laboratoires rattachés à cette institution de recherche, soit en moyenne, 24 thèses par an.
Venu représenter le recteur de l’UCAD pour la cérémonie d’ouverture, le doyen de la faculté des Lettres et Sciences humaines Mamadou Bouna Timéra, s’est félicité de cette rencontre scientifique parlant d’un thème qui invite à ‘’renforcer les démarches de recherche’’ en interrogeant les capacités des chercheurs à sortir de leurs zones de confort.
L’enjeu, selon lui, est d’arriver à prendre ‘’l’Afrique non pas comme un objet mais un sujet pensant’’.
D’autres intervenants se sont aussi attardés sur la nécessité d’aller vers une rentabilité du savoir, en créant des passerelles entre la recherche scientifique et le monde du travail en vue d’éclairer la communauté.
SMD/HB/ASB

