Élimination du paludisme : le secteur privé appelé à contribuer au financement d’un plan estimé à près de 150 milliards CFA
Élimination du paludisme : le secteur privé appelé à contribuer au financement d’un plan estimé à près de 150 milliards CFA

SENEGAL-SANTE-CONTRIBUTION

Dakar, 4 juin (APS) – Les autorités sanitaires sénégalaises et leurs partenaires ont appelé jeudi le secteur privé à renforcer sa participation au financement de la lutte contre le paludisme, alors que le Sénégal doit mobiliser 146,6 milliards de francs CFA pour mettre en œuvre son Plan stratégique national d’élimination du paludisme (2026-2030).

Cet appel a été lancé à l’occasion d’une “table ronde stratégique nationale” organisée à Dakar par Speak Up Africa, en partenariat avec OSIDEA, l’Observatoire de suivi des indicateurs de développement économique en Afrique, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et d’autres partenaires.

Le directeur général de la Santé, Youssouph Tine, présidant la cérémonie au nom du ministre de la Santé et de l’Action sociale, a souligné que l’élimination du paludisme ne relevait plus uniquement du secteur sanitaire.

“L’élimination du paludisme est aujourd’hui un enjeu économique et social majeur. Investir dans son élimination, c’est investir dans le capital humain et dans la compétitivité de nos entreprises”, a-t-il déclaré.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer le financement domestique dans un contexte marqué par la réorientation des ressources internationales et le retrait progressif de certains partenaires.

Selon lui, les autorités espèrent mobiliser auprès du secteur privé, des industries extractives et d’autres partenaires une part importante des ressources nécessaires à la mise en œuvre des interventions prévues.

“Nous attendons en moyenne près de 20 % du financement auprès du secteur privé et des autres partenaires”, a-t-il précisé.

Pour Cheikh Oumar Sy, président l’Observatoire de suivi des indicateurs de développement économique en Afrique (OSIDEA), la lutte contre le paludisme devait désormais être intégrée de manière stratégique dans les politiques de responsabilité sociétale des entreprises.

Les sociétés opérant notamment dans les secteurs minier, pétrolier, gazier et industriel ont un rôle majeur à jouer dans la protection de la santé des populations vivant dans les zones où elles interviennent.

Les organisateurs ont rappelé que le paludisme continue de peser sur l’économie nationale à travers les pertes de productivité, l’absentéisme au travail, les dépenses de santé et les conséquences sur le développement des territoires.

La rencontre devrait déboucher sur l’adoption d’une déclaration d’engagement, la mise en place d’un groupe de travail multi-acteurs chargé de la mobilisation des ressources domestiques ainsi que l’élaboration d’une feuille de route destinée à accélérer les investissements en faveur de l’élimination du paludisme à l’horizon 2030.

MYK/BK