SENEGAL-AFRIQUE-SANTE
Dakar, 3 juil (APS) – Des responsables de laboratoires de 18 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont bouclé, vendredi, à Dakar, une formation de quatre jours visant à renforcer les capacités de préparation et de riposte aux épidémies.
Les 27 participants ayant participé à cet atelier régional ont été formés au diagnostic moléculaire et au séquençage des virus Ebola Bundibugyo et Andes (hantavirus).
Ils ont été formés aux techniques de diagnostic et de surveillance génomique des agents pathogènes émergents, sous l’égide de l’Institut Pasteur de Dakar, en partenariat avec l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS).
Les participants sont appelés à consolider la coopération entre les laboratoires pour mieux anticiper les crises sanitaires.
Selon le chef du projet Programme ouest-africain des laboratoires (PROALAB) à l’OOAS, Olivier Oméga, l’évolution récente de l’épidémie Ebola à la République Démocratique du Congo rappelle la nécessité de disposer de laboratoires capables d’identifier rapidement les agents infectieux.
”Cette situation justifie la pertinence des investissements consentis depuis plusieurs années dans les systèmes régionaux de surveillance et dans le renforcement des laboratoires de référence”, a-t-il fait valoir.
”Les réseaux de surveillance ne peuvent être efficaces que s’ils s’appuient sur des laboratoires capables de confirmer rapidement les diagnostics et de réaliser le séquençage génomique afin d’identifier les variants, les mutations et d’orienter les décisions de santé publique”, a-t-il indiqué.
Les maladies infectieuses émergentes ”ne connaissent pas de frontières” et les pays doivent bâtir leurs capacités ”avant les crises et non pendant les crises”, a estimé le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Sénégal, Yao Michel.
Il a insisté sur le rôle stratégique des laboratoires, non seulement pour confirmer les diagnostics, mais également pour détecter précocement les menaces, suivre l’évolution des agents pathogènes grâce au séquençage génomique et guider les autorités sanitaires dans leurs décisions.
Selon lui, les difficultés rencontrées lors de l’apparition du nouveau variant Ebola Bundibugyo ont démontré que le retard dans le diagnostic est souvent lié à l’insuffisance des capacités de laboratoire, compliquant considérablement la riposte.
L’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar, Ibrahima Socé Fall, a de son côté exhorté les participants à maintenir les liens créés durant la formation afin de constituer ”une véritable communauté régionale de pratiques”.
Les épidémies ignorent les frontières administratives et seule une coopération permanente entre les pays permet de prévenir efficacement leur propagation, a-t-il déclaré.
”La sécurité sanitaire de chacun de nos pays dépend directement de la préparation des autres”, a-t-il dit, plaidant pour des investissements continus dans les ressources humaines, les laboratoires, les réseaux régionaux ainsi que dans la recherche.
L’Institut Pasteur participe activement aux efforts de riposte contre l’épidémie en cours, notamment à travers le développement d’un candidat test rapide, des travaux sur de nouveaux vaccins et des programmes de recherche conduits avec plusieurs partenaires internationaux, a indiqué Ibrahima Socé Fall.
Il considère que le renforcement de la recherche scientifique demeure une condition indispensable à la souveraineté sanitaire du continent africain.
NSS/BK/MTN
