SENEGAL-HANDICAP-PROTECTION
Thiès, 30 juil (APS) – Le directeur général de l’action sociale, Paul Joseph Ndiaye, a fait état d'”avancées notables” enregistrées dans le cadre juridique et institutionnel relatif à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées, malgré des “limites systémiques persistantes”.
“Le Sénégal s’est engagé, depuis plus d’une décennie, dans une dynamique de transformation sociale visant à promouvoir une croissance inclusive, fondée sur l’équité, l’accès aux droits et la protection des groupes vulnérables”, a affirmé Paul Joseph Ndiaye.
Il participait à un atelier de validation de la stratégie nationale de promotion et de protection des personnes handicapées, mercredi, à Thiès.
Selon Paul Joseph Ndiaye, cet engagement s’est traduit, dès 2008, par l’organisation des premières Assises nationales de l’action sociale, qui ont abouti à des recommandations structurantes.
”Ces recommandations ont abouti à la ratification de la loi n°2009-30 du 2 décembre 2009, de la Convention des Nations unies, relative aux droits des personnes handicapées (CDPH), suivie de l’adoption de la Loi d’orientation sociale n°2010-15 du 6 juillet 2010 relative à la promotion et à la protection des droits des personnes handicapées”, a-t-il poursuivi.
Selon M. Ndiaye, ce cadre juridique et institutionnel a permis des “avancées notables”.
”Il s’agit de l’évaluation à mi-parcours de la loi d’orientation sociale, lors du Conseil interministériel du 13 février 2018, de l’adoption et la mise en œuvre de la stratégie de réadaptation à base communautaire”, a-t-il énuméré.
S’y ajoute “la mise en place d’un système de protection sociale adossé à la carte d’égalité des chances, articulé aux filets sociaux tels que les bourses de sécurité familiale et la couverture sanitaire universelle”, a-t-il ajouté.
Ce même cadre juridique a permis, relève le directeur de l’action sociale, la structuration d’une gouvernance du handicap reposant sur des plans d’action nationaux et des organes locaux de gestion.
Il été aussi à l’origine de la mise en œuvre de “projets et programmes phares de l’Etat et des partenaires, dans le domaine du handicap et qui sont capitalisés dans un rapport publié en 2022”, a fait valoir M. Ndiaye.
Pour lui, ces acquis restent toutefois “fragilisés par des limites systémiques persistantes”, relatives notamment au “maintien d’une approche fondée sur l’assistance sociale, au détriment d’une logique fondée sur les droits et l’autonomisation”.
D’autres faiblesses, poursuit-il, tiennent à l'”absence de données fiables et exhaustives sur la population handicapée, avec un écart significatif entre le taux de prévalence national (7,3 %) et les estimations de l’OMS (16 %)”.
S’y ajoute la “faible couverture effective” de la Carte d’égalité des chances, avec seulement “environ 100 021 cartes produites, soit un taux de couverture estimé à 8,26 %”.
Dans le même sillage, il a évoqué le “retard” dans l’adoption des textes d’application de la loi de 2010, et enfin le “faible maillage territorial” des comités de réadaptation à base communautaire, dans l’espace communal, en l’absence d’une haute autorité dédiée au handicap.
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