SENEGAL-SANTE-POINT
Kolda, 19 juin (APS) – Plus de 250 enfants atteints de la forme majeure de drépanocytose sont suivis à l’hôpital régional de Kolda (sud), a indiqué Dr Daouda Djiba, pédiatre, qui plaide pour une subvention des médicaments afin de mieux lutter contre cette maladie chronique.
‘’Dans notre service de l’hôpital régional de Kolda, nous suivons plus de 250 enfants atteints de la forme majeure de drépanocytose, principalement la drépanocytose SS”, a déclaré le spécialiste dans un entretien avec l’APS, à l’occasion de la commémoration ce vendredi de la Journée mondiale dédiée à la maladie.
”La situation de la drépanocytose au niveau de la région de Kolda est plus ou moins alarmante”, a-t-il également alerté, décrivant le quotidien d’un enfant drépanocytaire marqué par des symptômes sévères : anémie chronique, crises vaso-occlusives (douleurs osseuses et abdominales aiguës), fièvres, ictères, ainsi que des complications chroniques pouvant entraîner des handicaps moteurs.
À l’échelle locale, les structures de santé doivent faire face à un afflux constant de patients, enfants comme adultes, a ajouté le pédiatre.
Notant que le protocole médical, qui repose notamment sur l’acide folique et l’hydroxy urée (commercialisé sous le nom de Drépaf), est bien maîtrisé, il a souligné que le véritable écueil demeure le coût du traitement, ”insupportable pour les familles vulnérables de la région”.
”La prise en charge est rendue beaucoup plus difficile par la pauvreté qui sévit à Kolda, l’une des zones les plus défavorisées du Sénégal. La drépanocytose est une maladie chronique. Ce qui signifie que le traitement se fait à vie. En cas de complication aiguë ou chronique, des soins supplémentaires sont nécessaires, mais restent totalement inaccessibles pour beaucoup de parents”, a fait savoir Dr Daouda Djiba.
Face à ce constat où l’indigence matérielle conditionne trop souvent l’accès aux soins vitaux, le médecin lance un appel pressant aux autorités sanitaires.
Selon lui, il est urgent de renforcer les mécanismes de gratuité ou de subvention des médicaments pédiatriques et d’intégrer plus efficacement les familles démunies dans les mutuelles de santé.
”Aucun enfant ne devrait voir son avenir brisé ou sa vie menacée par la drépanocytose simplement parce que ses parents n’ont pas les moyens de le soigner”, a-t-il affirmé.
Le médecin a en outre fait observer que près de 10 % de la population sénégalaise est touchée par la drépanocytose sous ses différentes formes. ”’Chaque année, 1 700 à 2 000 enfants naissent avec cette maladie au Sénégal”, a-t-il dit.
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