SENEGAL-AGRICULTURE-RECHERCHE-PORTRAIT
Kolda, 4 sept (APS) –Entre la rigueur des laboratoires et la réalité des champs, Dr Yolande Senghor incarne une génération de chercheuses prêtes à révolutionner l’agriculture sénégalaise. Docteur en production végétale et agronome de formation originaire de la Casamance, elle a fait de la sécurité alimentaire son combat permanent.
Rien ne prédestinait cette jeune femme, au teint noir, de taille moyenne et native de Ziguinchor, à embrasser une carrière si exigeante, si ce n’est un ancrage culturel profond et une passion précoce.
”En tant que vraie Diola, on connaît et on aime l’agriculture depuis le bas âge”, confie-t-elle avec un sourire dans un entretien avec l’APS.
Son parcours académique illustre cette constance. Après une licence en agroforesterie à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, elle poursuit ses études à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis (nord), où elle obtint en 2025 un doctorat en production végétale, spécialité agronomie,
Pendant plus de huit ans, Dr Yolande Senghor a sillonné les centres de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), notamment le Centre national de recherches agronomiques (CNRA) de Bambey, où elle a effectué l’essentiel de son parcours, ainsi que le Centre national de recherches forestières (CNRF). Récemment affectée au Centre régional de recherches agricoles (CRZ) de Kolda, elle met désormais son expertise au service de cette région sud du pays.
Au-delà des idées reçues
Sa mission quotidienne consiste à concevoir et promouvoir des itinéraires techniques adaptés aux cultures et aux réalités locales.
”Il s’agit d’évaluer l’adaptation des cultures, leur rentabilité et l’impact de la variabilité climatique, afin de proposer des solutions [garantissant] des rendements optimaux [aux] producteurs”, explique l’agronome.

Si la tradition associe souvent la communauté diola à la seule riziculture, la chercheuse s’emploie à briser ce cliché en élargissant ses travaux à l’ensemble des agrosystèmes et aux nouvelles spéculations introduites dans le pays.
Un plaidoyer pour le leadership féminin dans l’agriculture
Au-delà de ses travaux scientifiques, Yolande Senghor porte un message fort à la jeunesse et particulièrement aux femmes. Pour elle, la modernisation du secteur agricole et la souveraineté alimentaire ne pourront se concrétiser ”sans une pleine contribution féminine”.

”On a souvent tendance à croire que l’agriculture est l’apanage des hommes. Dans un monde en pleine évolution vers l’émancipation, les femmes doivent montrer leurs compétences et prouver leur savoir-faire. Aucun pays ne peut se développer sans l’agriculture”, martèle-t-elle.
Animée par la passion, l’amour du métier et une confiance inébranlable, la chercheuse poursuit son engagement sur le terrain pour améliorer les revenus des producteurs et renforcer la sécurité alimentaire du Sénégal.
MG/ASB/MTN
