SENEGAL-SOCIAL-REPORTAGE
Fatick, 8 sept (APS) – Des habitants de Fatick (centre-ouest) interrogés par l’APS au sujet de la déclaration de politique générale que le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, va prononcer ce mardi à l’Assemblée nationale disent attendre du chef du gouvernement des orientations allant dans le sens de rendre la vie moins chère.
Le “grand oral” de M. Lo, nommé Premier ministre en mai dernier, se tient dans un contexte jugé “très difficile”, avec la hausse des prix de certaines denrées de première nécessité et de l’électricité.
Rencontré au quartier Ndiaye-Ndiaye de la commune de Fatick, le septuagénaire Abdoulaye Faye estime que “la seule attente du peuple sénégalais, c’est de faire en sorte que les ménages puissent avoir un pouvoir d’achat susceptible de leur permettre de vivre décemment”;
Il pense que la seule politique qui vaille, c’est celle qui peut arriver à “soulager les sénégalais” qui, d’après lui, “souffrent de la conjoncture actuelle”.
Mariama Sène, assise sur une chaise en plastique, non loin du siège du conseil départemental de Fatick, le regard dans le vide, a dit son incompréhension relativement aux difficultés économiques et sociales auxquelles le pays se trouve confronté.
“La situation est tellement difficile que même ceux qui n’avaient jamais tendu la main pour demander de l’aide sont aujourd’hui contraints de le faire. Personnellement, je suis obligée de répondre à certaines sollicitations, pas seulement des membres de ma famille mais aussi de certains voisins et même de certains inconnus rencontrés par-ci et par-là, a déclaré cette opératrice économique.
Elle considère que “le plus douloureux dans tout ça, c’est que les coupures d’électricité ont refait surface en plein hivernage avec un temps particulièrement chaud”.
Elle demande au Premier ministre de tenir compte, lors de la sa déclaration de politique générale, de la situation qui prévaut au niveau des ménages.
Modou, un menuisier métallique ayant pignon sur rue non loin de gare routière de Fatick, confie que ses activités sont presque à l’arrêt.
“Déjà les clients se faisaient désirer depuis plusieurs mois, mais aujourd’hui, avec les coupures qui commencent à être récurrentes, même les travaux de bricolage ont du mal à être réalisés. Il faut qu’au sortir de la déclaration de politique générale du Premier ministre, la situation actuelle change pour que nous puissions être soulagés”, lance-t-il, se disant un peu inquiet.
Un peu plus loin, le boutiquier Cheikh Diouf semble plus inquiet. D’après lui, non seulement les prix des produits de première nécessité sont de plus en plus chers, mais les coupures d’électricité se traduisent désormais par des pertes importantes pour certains boutiquiers.
“Je suis membre d’une association de boutiquiers détaillants, et dans notre groupe WhatsApp, certains de mes collègues ont pratiquement les mêmes soucis : la cherté des produits de consommation, qui nous met en mal avec notre clientèle, et les coupures intempestives de l’électricité qui ne facilitent pas la conservation de certains de nos marchandises”, a-t-il déploré.
Plus optimiste, Samba Sarr, un jeune père de famille, la quarantaine, demande que l’on fasse confiance au Premier ministre qui, “dès son arrivée” selon lui, “avait fait valoir son engagement à œuvrer pour le développement économique et la stabilité du pays”.
“Si le Premier ministre tient toujours à cet engagement, l’espoir peut être permis, parce qu’aucun pays ne peut se développer sans paix et stabilité”, a souligné cet enseignant dans un village de la région de Fatick.
ADE/BK
