AFRIQUE-DIPLOMATIE
Dakar, 28 juil (APS) – Le Gabon et la Guinée équatoriale ont signé, mardi, à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie, un accord d’engagement conjoint sur la mise en œuvre du jugement de la Cour internationale de justice (CIJ) du 19 mai 2025 au sujet d’un différend territorial opposant les deux pays, a appris l’APS de source officielle.
Le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Diaspora, Simeón Oyono Esono Angüe, et le président de la Cour constitutionnelle du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono, ont au nom de leurs pays signé cet accord en marge de la 49e session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA).
Les représentants du Gabon et de la Guinée équatoriale ont signé le document en présence du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, du président du Conseil exécutif de l’UA, Édouard Bizimana, indique l’organisation panafricaine dans un communiqué rendu public le même jour.
L’accord a également été signé sous l’égide du Burundais, Albert Shingiro, qui avait été nommé en mars dernier Envoyé spécial de l’Union africaine chargé d’accompagner le Gabon et la Guinée équatoriale dans la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de justice relatif à la délimitation terrestre et maritime des frontières entre les deux pays.
La Cour internationale de justice (CIJ), dans un arrêt rendu le 19 mai 2025, à la suite d’une saisine sur la base d’un compromis conclu entre Libreville et Malabo, a retenu comme seule référence valable la Convention franco-espagnole du 27 juin 1900 qui a défini un tracé précis entre les possessions coloniales française et espagnole.
La CIJ a fait observer qu’elle n’avait pas été saisie pour tracer une frontière ou attribuer des territoires, mais pour déterminer si les titres juridiques, traités et conventions internationales invoqués par les deux États font droit dans leurs relations.
La décision oblige ainsi les deux Etats à s’y conformer, notamment en ce qui concerne les îles et la frontière terrestre, sans marge de manœuvre.
Le seul champ encore ouvert restant celui de la délimitation maritime, que la CIJ renvoie explicitement à la négociation bipartite, conformément à la Convention de Montego Bay.
Dans la foulée de l’accord signé ce 28 juillet 2026 et dont la teneur n’a pas encore été rendue publique, le président de la Commission de l’Union africaine a parlé d’une étape importante dans la résolution pacifique du différend territorial.
‘’Cet accord reflète un engagement commun envers le dialogue, la coopération, le bon voisinage et la résolution pacifique des différends dans l’esprit de l’Unité africaine’’, a-t-il commenté dans des propos rapportés par le communiqué.
Il est à noter que la Cour internationale de justice (CIJ) avait, le 19 mai 2025, donné raison à la Guinée équatoriale dans le différend qui l’oppose depuis des décennies au Gabon au sujet de trois petites îles situées dans des eaux potentiellement riches en pétrole et en gaz.
Les deux Etats voisins d’Afrique centrale se disputent depuis de nombreuses années Mbanié, une île d’une trentaine d’hectares (0,3 km2), et Cocotiers et Conga, deux îlots qui se trouvent à une dizaine de kilomètres de la terre équato-guinéenne la plus proche et à une vingtaine de kilomètres des côtes du Gabon.
Cet arbitrage avait été sollicité par les deux pays à partir de 2016 à la suite de plusieurs médiations.
AKS/FKS/SMD

