Dakar, 28 mai (APS) – Mame Mandiaye Niang, procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI), a salué la tenue du Dialogue national sur la réforme et la modernisation de la justice, un rendez-vous qui, selon lui, permettra de rapprocher la justice des justiciables. 

”Je pense que ce qui est important, c’est d’écouter tout le monde et voir ce gap qu’on peut combler. Si je peux parler comme les mathématiciens, je dirai on va se rapprocher de cela, peut-être de façon asymptotique mais on ne va jamais combler le déficit. Mais il y a là une occasion majeure de nous rapprocher du justiciable”, a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à l’APS en marge de l’ouverture du dialogue national auquel il prend part.

”Quand dans notre nation, surtout à l’issue de la période difficile que nous venons de traverser, il y a un dialogue pour toutes les composantes de la vie sociale, je pense que c’est un rendez-vous à ne pas manquer, c’est ce qui justifie ma présence ici”, a-t-il expliqué.

Mame Mandiaye Niang a été élu Procureur Adjoint de la Cour pénale internationale, le 10 décembre 2021 par l’Assemblée des Etats parties au Statut de Rome lors de sa vingtième session. Il a prêté serment le 7 mars 2022.

M. Niang est diplômé de l’École nationale d’Administration et de Magistrature de Dakar (Sénégal). Il a occupé de hautes fonctions au sein du système judiciaire sénégalais.

Il a été Procureur général près la Cour d’Appel de Saint-Louis au Sénégal, Directeur des Affaires criminelles et des Grâces au Ministère de la Justice, Auditeur à la Cour suprême du Sénégal, rattaché au Procureur général, Substitut du Procureur au Tribunal régional Hors Classe de Dakar et Juge au Tribunal régional Hors Classe de Dakar.

Le magistrat a salué par ailleurs la diversité des acteurs qui prennent part au dialogue.

”Il y a eu effectivement des discussions en 2018, discussions auxquelles j’avais participé à l’époque et il y avait eu toute une série de recommandations dont malheureusement beaucoup n’ont jamais fait l’objet d’une application. Mais je vois que le forum est élargi. Il ne s’agit pas seulement d’acteurs de la justice mais on essaie d’embrasser un peu plus large. Déjà, la première journée que j’ai vécue me confirme sur la pertinence de ce dialogue”, a-t-il souligné.

Concernant la volonté du président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye de réconcilier la justice et le peuple , M. Niang a estimé qu’il y a ”une vraie cassure” entre les deux parties, laquelle se manifeste au niveau du fond et de la perception.

”Au niveau du fond, je pense qu’il y a beaucoup de choses qu’on peut améliorer que ça soit au niveau de la lenteur, que ça soit au niveau de la gestion de la détention. Je crois que nous avons enregistré beaucoup de problèmes pour lesquels des solutions peuvent exister et qui peuvent nous réconcilier”, a-t-il analysé.

S’agissant du problème lié à la perception, il ne peut y avoir une réconciliation absolue, selon lui.

”Où que l’on soit, je crois que le citoyen moderne est un citoyen exigeant, donc il y aura toujours un soif de justice non achevée”, at-il déclaré.

ABD/OID/AB

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