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Dakar, 14 juil (APS) – Des officiels et experts participant à un panel de haut niveau sur la réforme de l’architecture et de la gouvernance sanitaire mondiale ont fait part de leur espoir de voir cette rencontre ouverte mardi à Dakar déboucher sur des recommandations en faveur d’un système de santé plus équitable et centré sur les priorités des pays du Sud.
Des représentants d’une quinzaine de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes, dont des ministres de la Santé, des experts et des responsables d’institutions spécialisées prennent part à cette rencontre qui se poursuit jusqu’au 16 juillet prochain dans la capitale sénégalaise.
“La vision portée par le président John Dramani Mahama est fondée sur une plus grande autonomie des États africains dans le financement de leurs systèmes de santé. Il ne s’agit plus de tendre la main ou d’attendre que d’autres financent nos priorités. Nous devons mobiliser nos propres ressources pour prendre en charge les besoins de nos populations”, a déclaré ministre de la Santé ghanéen, Kwabena Mintah Akandoh.
M. Akandoh a présenté, à ce sujet, trois piliers de cette stratégie, dont le premier “repose sur un système national d’assurance maladie destiné à couvrir l’ensemble de la population”.
“Le deuxième vise la gratuité des soins de santé primaires afin de lever les obstacles financiers qui empêchent encore de nombreuses personnes d’accéder aux services de santé”, a-t-il dit.
“Le troisième consiste en la création d’un fonds spécifique pour financer la prise en charge de maladies coûteuses, notamment le cancer, qui restent insuffisamment couvertes par les mécanismes classiques d’assurance”, a détaillé le ministre de la Santé ghanéen.
Selon le président du conseil d’administration de l’Institut Pasteur de Dakar et président du panel de haut niveau de l’Initiative Accra, El Hadj As Sy, cette rencontre dépasse le cadre africain.

”Nous avons l’ambition d’élargir progressivement cette coalition”, a-t-ild dit.
Le panel a été élaboré pour élaborer des recommandations concrètes destinées aux chefs d’État sur les grandes réformes à conduire en matière de financement de la santé, de gouvernance mondiale et de souveraineté sanitaire, a indiqué M. Sy.
Il rappelle que la pandémie de Covid-19 a constitué un véritable électrochoc, du fait que l’Afrique ne produisait alors qu’environ “1 % des vaccins dont elle avait besoin, une situation qui ne peut plus durer”, a-t-il rappelé.
L’objectif n’est pas de s’isoler du reste du monde, mais de bâtir une souveraineté sanitaire fondée sur des partenariats équilibrés, capables de renforcer les capacités de recherche, de production de vaccins, de médicaments et de diagnostics sur le continent, a-t-il ajouté.
L’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar, Ibrahima Socé Fall, estime que les recommandations issues de cette rencontre permettront aux pays participants de parler d’une même voix dans les grandes instances internationales, notamment à l’Assemblée mondiale de la santé, au Fonds mondial et au sein de l’Alliance Gavi.
“En 2026, nous ne pouvons plus accepter que les règles de la santé mondiale continuent d’être définies selon une logique héritée d’une autre époque. La décolonisation de la santé mondiale est devenue une nécessité”, a-t-il conclu.
NSS/BK
