Des chercheurs et producteurs planchent sur les freins à la compétitivité du riz local
Des chercheurs et producteurs planchent sur les freins à la compétitivité du riz local

SENEGAL-CONSOMMATION

Dakar, 3 mars (APS) – Le Bureau d’analyses macro-économiques (BAME) de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) a réuni mardi à Dakar des chercheurs et des officiels pour discuter des facteurs qui limitent la consommation du riz local comparé au riz importé.

La rencontre visait à ”instaurer un débat politique entre décideurs, partenaires et acteurs de la chaine de valeur de la filière riz pour discuter du problème de la commercialisation du riz que nous avons constaté cette année’’, a expliqué Ndèye Fatou Faye, économiste et chercheure au Bureau d’analyses macro-économiques (BAME) de l’Institut sénégalais de recherches agricoles.

Elle intervenait en marge de la 30 -ème édition du ‘’mardi’’ du BAME de l’ISRA, axé sur le thème : ‘’Le riz sénégalais face à la baisse des prix mondiaux : stratégies pour mieux produire, mieux vendre, et protéger les revenus des ménages et des producteurs’’.

”Les résultats de nos recherches ressortent le problème d’accès à un riz local de qualité. Donc comparé au riz importé, le choix est vite fait et les consommateurs sont exigeants. Et le circuit de distribution n’est pas fort en milieu rural. Ils ont plus un accès facile au riz importé’’, a-t-elle indiqué.

Pour sa part, le président du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), Nadjirou Sall, a exhorté le gouvernement sénégalais et ses partenaires à adopter ‘’une réelle volonté politique, une décision politique forte’’ pouvant aider à mieux connaitre le marché de consommation et de commercialisation de la production locale.

”Je propose aux autorités de travailler sur une étude sur le marché de consommation et de commercialisation au Sénégal, voir de près son fonctionnement, la circulation des produits de consommation, de la monnaie, la politique de financement, les besoins des consommateurs. Cela va aider à la maitrise des prix, à la compétitivité du riz local’’, a-t-il souligné.

M. Sall a dit qu’il est même dans le cadre de cette volonté en d’engagement politique de l’Etat, opportun, d’aller ‘’vers une loi’’ qui va encadrer ce circuit du marché local qui compte de gros marchés hebdomadaires avec beaucoup d’intervenants informels.

Le président du Comité interprofessionnel du riz du Sénégal (CERIZ), Papa Sambou Dièye, a relevé plusieurs facteurs qui limitent la compétitivité du riz local qu’il faut, selon lui, lever.

”Le riz local coûte cher parce que le coût de production est très élevé. Le premier intrant c’est l’eau. Nous utilisons du courant pour nos stations de pompage. Pour les préparations du sol, nous avons le manque de tracteurs, le manque d’engrais de fond qui est utilisé avant le démarrage des semis’’, a expliqué M. Dièye.

Des chercheurs et producteurs planchent sur les freins à la compétitivité du riz local

Il a ajouté que les semences, faute d’opérateurs, posent problème et que les producteurs ont des problèmes de protection avec près de 30% de leurs productions qui sont ravagés par les oiseaux granivores.

”Le manque de magasins de stockage, de moissonneuses batteuses pour les récoltes sont autant de problèmes faisant que le riz local n’est pas compétitif devant le riz importé’’, a-t-il indiqué.

Selon le Bureau d’analyses macro-économiques de l’Institut sénégalais de recherche agricole, le riz occupe une place stratégique dans l’économie nationale et la sécurité alimentaire du Sénégal, qui figure parmi les plus grands consommateurs de cette denrée en Afrique de l’Ouest. ”Malgré les efforts importants consentis en matière de production, le pays demeure structurellement dépendant des importations”, a-t-il fait savoir.

SG/OID/MTN