Des associations du secteur privé réclament des mesures de protection des entreprises locales
Des associations du secteur privé réclament des mesures de protection des entreprises locales

SENEGAL-ECONOMIE

Dakar, 7 oct (APS) – Trois associations du secteur privé sénégalais réunissant des commerçants et des transporteurs, dont l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (UNACOIS), ont réclamé des mesures de protection des entreprises locales et dénoncé les ‘’surcoûts’’ des services portuaires et le ‘’déficit de dialogue’’ avec l’État, mercredi, à Dakar.

‘’L’entreprise sénégalaise est prise en étau par plusieurs fléaux’’, a soutenu le secrétaire exécutif de l’UNACOIS, Ousmane Sy Ndiaye.

Il intervenait à une conférence de presse de l’Association des commerçants et industriels du Sénégal (ACIS), du Collectif des entreprises et acteurs du transport et de la logistique du commerce sénégalais (CEATLCS) et de l’UNACOIS.

Les membres de ces trois associations estiment qu’ils sont victimes d’une ‘’concurrence déloyale’’, de ‘’difficultés’’ liées à leurs activités portuaires et d’un ‘’déficit de dialogue’’ entre le secteur privé et l’État.

L’UNACOIS, l’ACIS et le CEATLCS disent être victimes de ‘’positions dominantes de certains grands groupes étrangers et du développement d’un commerce non contrôlé, qui contribuent à l’affaiblissement du tissu des PME sénégalaises’’.

‘’Ce n’est pas de la concurrence. C’est une destruction organisée de notre tissu de PME’’, a soutenu M. Ndiaye.

D’après lui, les maux dont sont victimes les commerçants, les industriels et les transporteurs peuvent entraîner la fermeture des entreprises privées et engendrer des pertes d’emplois.

‘’Le secteur privé national, qui concentre plus de 80 % des emplois et de l’investissement, ne doit pas être le parechoc des réformes et des politiques […] de redressement’’, a ajouté Ousmane Sy Ndiaye.

‘’Un audit indépendant des tarifs des services portuaires’’

L’UNACOIS, l’ACIS et le CEATLCS dénoncent l’entrée au Sénégal de produits ‘’subventionnés et sous-facturés’’ et le ‘’développement d’un commerce non contrôlé’’, qu’ils considèrent comme des facteurs de fragilisation des entreprises locales.

Ils réclament des mesures de sauvegarde des entreprises privées sénégalaises et la création d’une autorité indépendante de régulation de la concurrence, laquelle doit être, selon eux, dotée de pouvoirs de contrôle et de sanction.

Concernant les activités portuaires, les trois organisations estiment que les tarifs en vigueur pour le traitement des marchandises entraînent la perte de compétitivité des entreprises privées.

L’activité portuaire ‘’devait être notre principal atout de compétitivité. Il est devenu le principal facteur de surcoût et de non-compétitivité de l’économie sénégalaise’’, s’est inquiété le secrétaire exécutif de l’UNACOIS, parlant au nom des trois associations.

Les frais de manutention et de stationnement sont très élevés, estiment les trois organisations, dénonçant ensuite le ‘’manque de transparence’’ de la fixation de certains tarifs portuaires.

Concernant l’activité portuaire, elles affirment que les délais de traitement des conteneurs ne leur conviennent pas.

L’UNACOIS, l’ACIS et le CEATLCS réclament ‘’un audit général et indépendant des tarifs des services portuaires, le plafonnement et la publication officielle des tarifs, une réforme de la gouvernance de l’espace portuaire’’.

Selon Ousmane Sy Ndiaye, les coûts logistiques et parafiscaux atteignent quelquefois 45 % de la valeur des marchandises.

‘’On décide sans nous associer’’

Les ‘’surcoûts’’ finissent par se répercuter sur les prix payés par les consommateurs et affectent la compétitivité des entreprises locales, selon les dirigeants des trois associations.

Ils déplorent le ‘’déficit de dialogue’’ entre l’État et le secteur privé sénégalais.

‘’On décide sans nous associer’’, regrette le secrétaire exécutif de l’UNACOIS, souhaitant ensuite qu’il y ait régulièrement ‘’un dialogue public-privé structuré’’ entre l’État et les entreprises privées.

L’UNACOIS, l’ACIS et le CEATLCS proposent que l’État et le secteur privé tiennent des rencontres trimestrielles et que les décisions attendues de leurs échanges fassent régulièrement l’objet d’un ‘’suivi’’ et d’une ‘’évaluation’’.

Ils tiennent à préciser que leurs revendications n’ont rien d’une opposition aux pouvoirs publics.

Elles découlent, selon eux, de leur volonté de protéger les entreprises et les emplois.

‘’Le secteur privé national ne demande pas l’aumône. Il ne demande pas non plus de subventions’’, a précisé Ousmane Sy Ndiaye.

TAB/ESF/MTN