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Dakar, 20 mai (APS) – L’ONG J-Gen Sénégal va organiser des Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles, en novembre prochain, avec l’ambition de ”créer un espace de dialogue sur les équilibres sociales”, a annoncé, mercredi, à Dakar, sa directrice exécutive, Maimouna Astou Yade.
Les assises en question “ne seront pas un espace de confrontation entre les hommes et les femmes, mais un espace de dialogue sur l’équilibre social, la justice, la dignité humaine et la responsabilité collective, [un cadre] de co-construction en faveur des droits des femmes et des filles”, a-t-elle déclaré.
Elle s’exprimait à l’ouverture de l’atelier d’installation et de structuration du comité de pilotage (COPIL) de ces concertations prévues du 25 au 27 novembre 2026.
“Nous avons besoin d’alliés. Nous avons besoin d’être conscients que l’égalité et la justice renforcent la société tout entière”, a-t-elle insisté, estimant que les droits des femmes concernent “toute la société et pas uniquement les femmes”.
Selon la présidente de J-Gen Sénégal, ces assises “ne naissent pas dans le vide” et s’inscrivent dans “une continuité historique, politique et citoyenne portée depuis des décennies par les femmes sénégalaises”.
Elle a toutefois relevé que, malgré les avancées enregistrées, “les violences basées sur le genre demeurent une réalité préoccupante”, notant que “certaines discriminations juridiques et sociales persistent encore”.
Mme Yade a aussi mis l’accent sur la nécessité de “documenter, transmettre et adapter” les acquis des luttes féminines aux nouveaux défis technologiques, économiques, climatiques et démocratiques auxquels la société sénégalaise se trouve confrontée.
Elle a indiqué que le COPIL devra être “un espace d’écoute, de dialogue, de transmission et de construction collective”, capable de dépasser les clivages pour renforcer “durablement la place, la sécurité, la dignité et la participation des femmes dans la société”.
L’historienne Penda Mbow, de son côté, a salué les avancées enregistrées par le Sénégal en matière de droits des femmes depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale.
“Le Sénégal, en quelques générations, a fait un bond extraordinaire en matière de droits des femmes”, a-t-elle affirmé, rappelant qu’au début des années 1960, très peu de femmes accédaient à l’université.
Elle a évoqué la création, sous le premier président du pays Léopold Sédar Senghor, d’un comité dirigé par Mamadou Dia, alors président du Conseil des ministres, pour réfléchir aux droits des femmes et à l’élaboration du Code de la famille.
Selon l’historienne, l’un des objectifs majeurs de ce code, adopté en 1972 et promulgué en 1973, était “l’unification du droit et de la citoyenneté”, ainsi que la modernisation de la société sénégalaise à travers une meilleure place accordée aux femmes.
Mme Mbow estime que ce travail de modernisation “n’est jamais achevé” et que le comité de pilotage devra réfléchir aux réformes nécessaires pour consolider les acquis et renforcer le rôle de l’individu dans la société.

Plusieurs figures du combat pour les droits des femmes au Sénégal ont pris part à cette rencontre qui se poursuit jusqu’à demain, jeudi, parmi lesquelles l’ancienne procureure Dior Fall Sow, mais également Khady Fall Tall, figure de la société civile sénégalaise et ouest-africaine.
Il y a aussi Aida Sow Diawara, ancienne parlementaire, ancienne présidente des femmes maires du Sénégal, entre autres personnalités.
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