SENEGAL-SANTE-FINANCES
Dakar, 28 nov (APS) – Des acteurs de la société civile ont recommandé, vendredi lors d’un panel, une mobilisation de ressources locales, accompagnée d’une mise en synergie des actions et un partage de bonnes pratiques pour promouvoir l’accès aux soins de santé des adolescents et des jeunes.
Réunis autour d’un panel de partage d’expériences au siège du Collectif des acteurs non étatiques du Sénégal, des panélistes et membres d’organisations de la société civile, ont proposé également des pistes de solutions, pour une mobilisation de ressources endogènes destinées à l’amélioration de la santé reproductive des adolescents et des jeunes.
‘’Dans le cadre de notre travail de tous les jours, la prise en compte des besoins spécifiques des jeunes dans l’élaboration des politiques et des programmes, relève, actuellement d’un énorme défi”, a dit Aissatou Ndiaye, directrice de ‘’Youth Womens Actions’’ (YWA), lors de cette rencontre.
Elle a expliqué qu’il y a ‘’une réelle raréfaction des ressources’’ dans le contexte actuel, surtout depuis le départ de l’Usaid, qui contribuait beaucoup à l’amélioration de la santé des populations, et à la mobilisation des ressources pour la prise en charge de la santé reproductive des adolescents et des jeunes.
‘’Il y a aussi le fait que beaucoup d’ONG internationales qui travaillaient sur des questions opposées aux politiques de l’État américain ont fermé et les autres restant, ont vraiment beaucoup de limites, par rapport à la mobilisation des ressources’’, a-t-elle ajouté.
Elle a souligné qu’en tant qu’actrice de la société civile, l’impact de la rareté des ressources a été ‘’senti jusqu’au niveau opérationnel’’. Une situation qui fragilise, selon elle, le fonctionnement des organisations en interne.
Aissatou Ndiaye a plaidé pour la mise en place de ‘’dynamiques nouvelles et d’outils de travail collaboratifs entre les organisations de la société civile’’.
‘’S’il n’y a plus de ressources disponibles, il est quasi impossible de mettre en œuvre des activités et d’assurer le fonctionnement institutionnel des organisations’’, a pour sa part averti Marième Ly, cheffe de projets à AMREF (African Medical and Rechearch Fondation).
Ces fonds, a-t-elle rappelé, permettaient aux organisations de la société civile d’améliorer leur gouvernance et renforcer leurs capacités organisationnelles.
Mme Ly, a appelé à un renforcement du partenariat public-privé, au-delà des mécanismes de mobilisation des ressources domestiques.
‘’Nous sommes dans une dynamique d’intégration du secteur privé pour le financement de la santé, en tant que société civile. On intervient au niveau régional, avec des bailleurs, et dans des cadres où on parle de la mobilisation des ressources flexibles’’, a dit Wasso Tounkara, fondatrice de l’organisation Sénégal Actions Féministes (SENAF).
Le Président de la plateforme ‘’Takhawu Ndaw Yi’’, Adama Coundoul venu de Saint-Louis a souligné à son tour que l’accès au financement relève actuellement d’un énorme défi. ”Il y a beaucoup d’exigences et de restrictions de certains bailleurs au point que les organisations de jeunes n’arrivent plus à décrocher des financements’’, a-t-il déploré, présentant une plateforme d’aide des jeunes à la prise en charge de leurs préoccupations en termes d’informations et d’accès aux soins en santé sexuelle et reproductive.
Jeanne Médor Nanga, chargée de programme à l’ONG Jeunesse et Développement (JED), une des organisations membre de l’Alliance Droits à la santé, a indiqué qu’à travers ce panel, il s’agit de poser la question de la mobilisation des ressources endogènes au niveau local pour le financement de la santé reproductive des adolescents et jeunes.
”Ce qui est important, a-t-elle poursuivi, c’est qu’au-delà de la mobilisation des ressources auprès des bailleurs, nous avons besoin d’engagement citoyen de la jeunesse au sein de leur communauté, avec les organisations de la société civile”.
Ce panel organisé par l’Alliance Droits et Santé qui regroupe une vingtaine d’organisations de six pays de l’Afrique de l’Ouest, dont le Réseau des Medias Africains pour la promotion de la Santé et de l’Environnement (Remapsen), entre dans le cadre de la clôture d’un projet dénommé ‘’Alliance transformative’’ exécuté durant deux ans dans les régions de Saint-Louis et Diourbel.
Ce projet a permis, selon ses responsables, de ‘’renforcer les capacités des organisations de la société civile, en plaidoyer, mobilisation des ressources, mais également en matière de gestion de projets.

ADL/AB

