MAROC-DECOUVERTE-REPORTAGE
De l’envoyée spéciale de l’APS : Seynabou Ka
Marrakech, 16 jan (APS) – Un long voyage semé d’imprévus pour de rares moments de répit, le trajet de Tanger à Marrakech met à dure épreuve la patience et l’endurance du visiteur, avant la récompense espérée : la découverte de la ville ocre dans toute sa splendeur.
Le voyage s’annonçant long, très long même, il faut se réveiller aux aurores, pour parer à toutes les éventualités.
Le jour peine à se lever lorsque les reporters de l’APS arrivent sur le quai de la gare de Tanger, le regard lourd mais l’esprit déjà en route.
Sur place, l’on prend encore plus conscience de la distance entre les deux villes : 569 kilomètres séparent en effet Tanger de Marrakech, c’est dire si ce voyage se présente jusque-là comme l’un des périples les plus éprouvants à travers le territoire marocain.
Pourtant, un détail presque anodin vient arracher un sourire, celui de retrouver le même numéro de siège que lors d’un chaleureux voyage à Fès quelques jours plus tôt. Une coïncidence rassurante, en dépit du stress du long trajet et de la peur de l’inconnu.
Moins de deux heures après avoir embarqué à bord du TGV Al Boraq en direction de Casa-Voyageurs, le train fait un premier arrêt, pour un changement de cap, mais surtout de confort.
L’on prend place dans un autre train censé nous conduire jusqu’à Marrakech, avec beaucoup d’appréhension du reste.
À Casa Oasis, le train marque un autre arrêt. Des passagers montent. Quelques minutes plus tard, une femme, à l’accent ivoirien, s’approche et demande : “Est-ce que ce siège est bien le mien ?”
Après consultation de son billet électronique, la nouvelle passagère réalise qu’elle s’est trompée de voiture. Une erreur sans conséquence, mais qui la laisse visiblement stressée.
La preuve, elle ne cesse de scruter chacun des gestes de ses voisins de cabine, craignant de descendre au mauvais endroit, comme si Marrakech n’était pas la destination finale du train.
Des mots et sourires échangés contribuent à détendre la nouvelle venue. Le périple pour la ville ocre devient moins impersonnel.
À l’approche de Marrakech, un brouillard soudain enveloppe le paysage. Les champs d’oliviers et de mandariniers, qui s’étendent à perte de vue, deviennent à peine visibles.
Puis, progressivement, ce voile se dissipe petit à petit, laissant apparaître une nature généreuse et des paysages qui font tout le charme du royaume chérifien.
À peine le temps de savourer cette vision magnifique qu’une panne d’électricité vient doucher l’enthousiasme. “Il y a [une] panne d’électricité, mais nous allons tout de suite repartir”, dit un des contrôleurs, traversant à la hâte les cabines.
Cette coupure dure une demi-heure. Elle est finalement suivie de trois autres interruptions qui ont fini d’agacer les passagers avant l’arrivée à Marrakech, le ventre criant famine.
La beauté de la ville et la douceur du climat font rapidement oublier la fatigue. Mais cette joie est de courte durée, le dernier train pour Tanger devant partir à 16h45, alors qu’il est déjà 14h19.
Une question s’impose alors : comment, en moins de deux heures, découvrir une ville aux sublimes bâtiments ocres ?
La célèbre fresque murale de l’artiste allemand Hendrik Beikirch, située en face de la gare, apaise un instant la panique naissante.
L’œuvre représente Aziz, un berger local devenu un symbole fort de la culture marrakchie. Son regard, plein de sagesse et chargé d’histoire, semble inviter à respirer et à avancer.
Mais il faut d’abord demander le prix du taxi à la première personne croisée.
“Je n’habite pas la ville, mais je viens souvent ici. Généralement, le prix du taxi tourne autour de 20 à 30 dirhams la course, ne payez pas plus”, dit Moussa, avant d’ajouter : “Vous êtes Sénégalais ?” – “Oui !” – “Moi, je suis Malien. Vous nous avez éliminés”, ajoute l’inconnu, avant de souhaiter, avec le sourire, bonne chance à l’équipe du Sénégal contre celle de l’Égypte en demi-finale, mercredi.
Un match finalement remporté par les Lions, se qualifiant pour la finale lors de laquelle, ils affronteront le pays hôte, le Maroc, dimanche.
Plus de temps à perdre après ce moment convivial témoignant des bonnes relations de fraternité entre le Sénégal et le Mali. Il fallait aller à la découverte des surprises de la ville ocre et vite.
SK/BK/SBS/ASB/HB

