SENEGAL-AFRIQUE-CULTURE
Dakar, 3 mai (APS) – Le spectacle ”Vagabundus” du chorégraphe mozambicain Idio Chichava sera présenté mercredi 6 mai à 19h au Théâtre National Daniel Sorano, dans le cadre d’un partenariat entre cette institution culturelle et l’institut français du Sénégal, a appris l’APS des organisateurs.
Créée par la compagnie ”Converge”, cette œuvre, déjà accueillie sur plusieurs scènes internationales, propose une approche singulière de la migration, envisagée comme une réalité intrinsèque à l’existence humaine.
Dans un entretien exclusif accordé à l’APS, Idio Chichava explique que ”la migration n’est pas seulement un déplacement d’un territoire à un autre”, mais ”une condition humaine”, le corps étant, selon lui, ”en migration permanente”, traversé par des états, des mémoires et des transformations.
S’inspirant des rituels du peuple Makondé, le chorégraphe précise inscrire sa démarche dans une logique de transformation et non de reproduction. ”C’est une mémoire vivante, une énergie. Je cherche à en garder l’essence en la laissant respirer dans une écriture contemporaine”, indique-t-il, rejetant toute approche folklorisante.
Sur scène, treize danseurs-chanteurs évoluent sans décor ni artifices, dans une esthétique épurée qui met en avant ”le corps dans son état brut”. ”Le corps devient le paysage”, souligne-t-il, évoquant la notion de ”corps global”, dans une perspective de dépasser l’individu pour porter une pluralité d’histoires.
Le travail chorégraphique repose sur ”l’écoute et l’endurance”, avec pour objectif de construire ”un corps collectif, pas uniforme mais connecté”, où la voix prolonge le mouvement et renforce la cohésion du groupe.
Loin de rechercher la transe, Idio Chichava privilégie ”une énergie consciente, partagée entre les interprètes, l’espace et le public”, fondée sur une présence totale et une circulation des sensations.
Selon lui, le regard du public, sans altérer l’œuvre, en révèle de nouvelles lectures. ”Vagabundus touche quelque chose de commun”, dit-il, estimant que ”le corps, quand il est en présence totale, peut parler à différents endroits du monde”.
Revenant sur sa venue à Dakar, le chorégraphe parle d’”une rencontre forte”, marquée par l’intensité du lieu. ”Présenter la pièce au Théâtre National Daniel Sorano, c’est entrer dans un espace chargé d’histoire et de présence”, confie l’artiste.
Attaché à la circulation des œuvres, Idio Chichava a notamment insisté sur la nécessité de préserver ”une vérité artistique” dans les collaborations internationales, afin de garantir des échanges respectueux des identités.
”Je ne cherche pas à expliquer, je propose une expérience, une traversée”, a-t-il martelé, invitant le public à ressentir ”cette marche, ce lien entre les corps, cette énergie collective”.
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