AFRIQUE-FRANCE-DIPLOMATIE
Dakar, 3 mai APS – Le sommet Afrique-France prévu les 11 et 12 mai à Nairobi, au Kenya, ne sera pas une tribune pour ‘’commenter la réalité’’ ou ‘’prescrire l’avenir’’, mais se veut pour objectif d’aller de l’avant dans un esprit de dialogue et de partenariat, ont souligné les ambassadeurs français et kenyan au Sénégal.
Le sommet Africa Forward sera co-présidé par le président du Kenya, William Ruto, et son homologue français Emmanuel Macron.
‘’Ce sommet réunira des chefs d’Etat et de gouvernement africains ainsi que toutes celles et ceux qui incarnent le continent et font vivre la relation avec la France. Ce rendez-vous n’entend ni commenter la réalité, ni prescrire l’avenir : l’objectif sera d’aller de l’avant, dans un esprit de dialogue et de partenariat’’, soutiennent Anne Nangulul et Christine Fages dans une tribune commune.
Pour les deux diplomates, le fait que ce sommet soit accueilli et co-présidé, pour la première fois, par un pays d’Afrique de l’Est anglophone n’a rien d’un détail.
‘’L’Afrique n’est pas une : elle est plurielle, dans ses langues, ses géographies, ses histoires et ses trajectoires. À Nairobi, hub continental et porte de l’Afrique sur le monde, l’Ouest rejoindra l’Est, le Nord retrouvera le Sud, le francophone dialoguera avec l’anglophone, le lusophone avec l’arabophone’’, écrivent-elles dans leur texte transmis à l’APS.
Elles estiment que ‘’des États africains se retrouvent à Nairobi et font le choix, en pleine souveraineté, d’aller de l’avant avec le Kenya et la France – prêts à les accueillir, à partager, à construire’’ non par héritage, ”mais par intérêt partagé : celui de partenariats qui produisent, qui transforment, qui bénéficient à chacun. Rien n’est hérité, tout est choisi – d’égal à égal’’.
A travers ce sommet, ‘’la France démontre ainsi ce qu’elle porte depuis des années maintenant : une ouverture à l’Afrique dans sa diversité, une reconnaissance assumée du passé, une volonté de construire des partenariats équilibrés et utiles, en capitalisant sur les proximités linguistiques, historiques et humaines’’, soulignent les ambassadeurs.
Selon elles, Africa-Forward, ‘’sera aussi l’occasion de réaffirmer que les équilibres mondiaux ne se pensent plus sans les pays africains’’
‘’Sur le climat, la paix, la sécurité, la finance, la santé, les océans, les technologies, aucune réponse durable ne se construira en tenant le continent à l’écart’’, annoncent-elles, soulignant qu’aucune urgence, ‘’où qu’elle se situe sur la planète, ne saurait justifier que l’on mette entre parenthèses les priorités africaines’’.
Estimant que ‘’c’est la condition d’un multilatéralisme efficace’’ que Paris et Nairobi appellent de leurs vœux, elles rappellent que ‘’le Kenya et la France, porteurs de valeurs communes et attachés à des relations internationales fondées sur le droit, soutiennent déjà de nombreuses initiatives ensemble sur la scène internationale’’.
Elles citent ‘’le Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète, coalition de 73 pays réunie autour d’une même exigence – concilier lutte contre la pauvreté et sauvegarde de la planète’’.
Le Kenya occupe par ailleurs ‘’un rôle diplomatique de premier plan — au Soudan, en Somalie, dans la région des Grands Lacs — que la France appuie aux côtés de l’Union africaine’’.
Concernant les océans, l’UNOC3 à Nice en 2025 aura ouvert la voie à ”Our Ocean Mombasa” en juin 2026, prolongeant ainsi un engagement africain résolu, qui sera également porté depuis Dakar, lors de l’IMPAC6 en mars 2027, soulignent les diplomates.
Pour le Kenya, ‘’le sommet marquera un tournant décisif dans la mise en place de partenariats de long terme visant à trouver des solutions conjointes aux enjeux prioritaires des pays africains et de l’ensemble des acteurs qui partagent notre vision du développement’’.
‘’C’est pourquoi, notent les deux ambassadeurs, il se concentrera sur l’essentiel : industrialiser durablement, réussir la transition énergétique, conquérir la souveraineté alimentaire et sanitaire, maîtriser la connectivité numérique, bâtir la paix et la sécurité, réformer une architecture financière internationale qui ne sert pas encore assez les biens publics mondiaux’’.
Pour la France, ‘’cet événement vient aussi parachever un arc de neuf années’’.
En effet, À Ouagadougou, en novembre 2017, le président français, nouvellement élu, Emmanuel Macron, avait appelé, devant la jeunesse du continent, à ‘’refonder la relation avec les pays africains’’.
‘’De ce discours ont découlé, pas à pas, des engagements qui ont renouvelé la manière de faire relation : restitutions patrimoniales, mobilités étudiantes et académiques, forums Creation Africa, Sommet de Paris pour un nouveau pacte financier mondial en 2023, appui à l’entrepreneuriat, partenariats culturels et sportifs’’, relèvent les ambassadeurs, relevant que le sommet Africa Forward ‘’ne rompt pas avec cette direction : il la prolonge, la consolide et l’élargit’’.
Le sommet de Nairobi s’inscrivant dans ‘’une démarche partagée’’ entre le Kenya, la France et l’ensemble de ses partenaires africains, ‘’les tables-rondes du sommet seront co-présidées par des chefs d’Etat et de Gouvernement, qui en porteront les travaux au nom de leur continent’’.
La rencontre étant également ‘’une affaire commune’’, le Kenya et la France s’y engageront à parité, aux côtés des entreprises, des jeunesses, des sociétés civiles, des artistes et des diasporas que le sommet réunira à Nairobi’’.
Depuis Dakar, ‘’à deux voix’’, Anne Nangulul et Christine Fages, disent vouloir réaffirmer cette exigence : ‘’les partenariats qui valent sont ceux que deux souverainetés consentent à construire ensemble, parce que chacune y trouve un intérêt réel’’.
‘’Tel sera le fil rouge du sommet Africa Forward des 11 et 12 mai prochains’’, concluent-elles.
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