AFRIQUE-FRANCE-DIPLOMATIE-HISTOIRE
De l’envoyé spécial de l’APS : Ousmane Ibrahima Dia
Nairobi, 12 mai (APS) – Lancé pour la première fois en 1973, le Sommet France-Afrique ou Afrique-France a évolué, au fil des années, de son format “réunion de famille” post-coloniale vers un dialogue avec la société civile (Montpellier 2021) et des partenariats économiques modernes (Nairobi) dans le cadre du sommet ‘’Africa Foward’’ (en avant l’Afrique).
Le premier sommet France-Afrique s’est tenu à Paris en 1973 sous l’impulsion du président français Georges Pompidou et du président nigérien Hamani Diori. Le but de ce rendez-vous était de renouveler le dialogue entre la France et l’Afrique francophone et de consolider les échanges qui les lient depuis la fin de la colonisation.
Se déroulant en alternance sur le territoire français et une capitale africaine, ces sommets ont été l’occasion pour les dirigeants de redéfinir les liens diplomatiques, de discuter des enjeux politiques et d’aborder, parfois à huis clos, des questions sensibles.
La deuxième édition se déroulera, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, en 1975 à Bangui (Centrafrique).
L’évènement suscitant de l’intérêt, il a été décidé de renouveler l’expérience chaque année, alternativement en Afrique et en France.
Le sommet se tiendra annuellement jusqu’à 1990, date à partir de laquelle les rencontres franco-africaines auront lieu tous les deux ans.
Initialement réservée aux pays francophones, les sommets seront progressivement, à l’initiative du président français Valéry Giscard d’Estaing, ouverts aux lusophones et aux anglophones du continent.
En 1976, le Cap-Vert et la Guinée-Bissau assistent au sommet de Paris (4ème édition) et le Nigeria et la Tanzanie seront au rendez de Kinshasa, en 1982.
Il y a eu les sommets de Dakar (1977), Paris (1978), Kigali (1979), Nice (1980), Paris (1981), Kinshasa (1982), Vettel (1983), Bujumbura (1984), Paris (1985), Lomé (1986), Antibes (1987), Casablanca (1988), La Baule (1990), Libreville (1992), Biaritz (1994), Ouaga (96), Paris (98), Yaoundé (2001), Paris (2003), Bamako (2005), Cannes (2007), Nice (2010), Paris (2013), Bamako (2017).
Le sommet de la Baule est un des sommets qui sont entrés dans l’histoire des relatons entre la France et les pays africains. A cette occasion, le lien a été établi entre démocratie et développement. Le président François Mitterrand déclarait à cet effet que l’aide française sera plus ‘’tiède’’ pour les régimes autoritaires, et ‘’enthousiaste’’ envers ceux qui s’ouvriront à la démocratie.
Il s’ensuivra une vague de démocratisation en Afrique francophone surnommée le ‘’Printemps de l’Afrique’’.
Dans les années 2000, et surtout sous l’impulsion des présidences de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, ces sommets ont évolué vers un format plus horizontal.
Toutefois, ces sommets ont aussi leurs détracteurs, qui y voient une main-mise de Paris sur ses anciennes colonies, dénonçant l’image d’une relation paternaliste, souvent qualifiée de ‘’Françafrique’’.
Le dernier sommet classique s’est tenu à Bamako, au Mali, en 2017. Pour cause de pandémie de Covid-19, le rendez-vous prévu en 2020 à Bordeaux a dû être annulé.
Elu en 2017, le président Emmanuel Macron avait déclaré vouloir donner une nouvelle impulsion aux relations entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique.
C’est le but du ”Nouveau Sommet Afrique-France” organisé à Montpellier le 8 octobre 2021, avec un nouveau format, de nouveaux acteurs, de nouvelles thématiques et de nouveaux enjeux. L’objectif de cet évènement est de porter un regard neuf sur la relation entre la France et les pays africains pour offrir un nouveau cadre de réflexion et d’action aux nouvelles générations.
Les 11 et 12 mai 2026, Nairobi accueille le sommet ‘’Africa Forward : Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance’’, une première dans un pays anglophone.
Le rendez-vous, co-présidé par les présidents français et kenyan, ‘’s’inscrit dans une dynamique de renouveau des relations entre la France et l’Afrique, marquée par une volonté de partenariats équilibrés, innovants et concrets’’.
Une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement y prennent part jusqu’au 13 mai.
OID/ADL/HB/AKS

