SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 10 fev (APS) -Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Daouda Ngom a soutenu mardi à Dakar que l’Etat du Sénégal ‘’ne doit aucun arriéré de bourses’’ aux étudiants, admettant toutefois une ‘’incompréhension’’ entre les étudiants et l’administration. ‘’Je dois l’admettre. Il y a eu peut-être une incompréhension entre les étudiants et l’administration, parce que depuis l’année académique, les bourses sont régulièrement payées le 5 de chaque mois. A ce jour l’État ne doit aucun arriéré de bourse aux étudiants’’, a-t-il révélé.
Il s’exprimait au cours d’un point de presse organisé par le gouvernement en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, du ministre des Forces armées, du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ainsi que de la porte-parole du gouvernement, Marie Rose Khady Fatou Faye.
L’étudiant Abdoulaye Ba a trouvé la mort lundi dans des échauffourées avec les forces de l’ordre, survenues dans l’enceinte de l’université, sur l’avenue Cheikh-Anta-Diop et la corniche ouest de Dakar.
Les étudiants dénoncent la fermeture de restaurants universitaires et une réforme relative aux bourses d’études.
Des étudiants d’autres universités publiques sénégalaises protestent contre des mesures similaires, à Saint-Louis (nord), Thiès (ouest) et Ziguinchor (sud).
‘’Le point d’achoppement est que dans le cadre des réformes enclenchées par notre département, il a été décidé de faire coïncider la durée d’obtention de la bourse au temps de présence effectif de l’étudiant dans les universités’’, a expliqué Daouda Ngom.
‘’L’étudiant commence à percevoir sa bourse à compter de sa date d’inscription dans un établissement d’enseignement supérieur. Mais en tout état de cause, il ne sera pas lésé, parce qu’il pourra avoir 12 mois de bourse par an’’, a poursuivi le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Il a mis en avant la nécessité d’arrimer le calendrier académique au calendrier des bourses.
‘’C’est pourquoi il est difficile de comprendre que les étudiants décident de se restaurer sans payer les tickets de restauration subventionnés à 90% par l’État’’, a-t-il regretté.
Daouda Ngom a rappelé que le Sénégal, est un pays qui dépense énormément dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
‘’Si on considère l’indicateur dépenses publiques par rapport au PIB/habitant, le Sénégal est devant les pays du Nord, comme les États-Unis. Nous sommes très loin devant la Côte d’Ivoire et le Ghana. Durant la seule année 2025 l’État a dépensé, 105 milliards FCFA de bourses d’étude’’, a-t-il dit.

