Dakar,  29 déc (APS) – Le consensus des Emirats arabes unis (EAU)  sur le climat va bénéficier d’un appui obtenu grâce à plusieurs  résultats et acquis du programme d’action de la présidence émiratie de la COP 28 en partenariat avec les pays ayant participé à la 28e Conférence des parties de la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Ce Programme d’action de la présidence émiratie de la COP 28 s’articule autour de quatre piliers : accélérer une transition énergétique juste et ordonnée, améliorer le financement climatique pour le rendre davantage disponible, abordable et accessible, se concentrer sur les personnes, la nature, la vie et les moyens de subsistance.

Il contient une référence sans précédent à l’abandon de tous les combustibles fossiles pour permettre au monde d’atteindre zéro émission nette d’ici à 2050.

Accélérer une transition énergétique juste et ordonnée

Pour réduire les émissions du système énergétique mondial d’aujourd’hui tout en construisant le système énergétique du futur, la COP28 a lancé avec plusieurs partenaires le Global Decarbonization Accelerator (GDA), un programme global et intersectoriel visant à réduire les émissions afin d’accélérer une transition énergétique juste, équitable et ordonnée.

Réduction des émissions de méthane et autres gaz à effet de serre non CO2

La présidence de la COP28, en partenariat avec les États-Unis et la Chine, a organisé au début de la 28e COP, un sommet sur la réduction des émissions de méthane et autres gaz non CO2.

Ce sommet a mobilisé 1,2 milliard de dollars de financement pour soutenir la réduction des émissions de méthane et d’autres gaz à effet de serre (GES) autres que le CO2 dans tous les secteurs.

Un appel en faveur de la Contribution déterminée nationale (CDN) à l’échelle de l’ensemble de l’économie englobant toutes les émissions de gaz à effet de serre a été réitéré, et les gouvernements et les compagnies pétrolières nationales et internationales ont discuté des voies efficaces pour parvenir à zéro émission de méthane d’ici 2030.

Pour sa part, la Banque mondiale a apporté son soutien à 15 pays dotés de programmes nationaux visant à réduire considérablement les émissions de méthane pouvant atteindre 10 millions de tonnes au cours des cinq à sept prochaines années provenant de la production de riz, de l’élevage et des déchets.

Les gouvernements ont également discuté de la nécessité d’un financement accru et de politiques efficaces pour garantir une transition énergétique juste et gérée loin du charbon, ce qui a abouti à la création du Coal Transition Accelerator et de l’arrivée de nouveaux membres dans l’Alliance Powering past coal.

Les efforts visant à accélérer la décarbonisation mondiale dans les secteurs à fortes émissions et les transports ont produit des résultats concrets, avec 38 entreprises et six associations industrielles approuvant l’accélération d’une transition industrielle d’ici 2030.

Construire le système énergétique du futur

Les efforts pour construire le système énergétique de demain sont centrés sur les énergies renouvelables. L’engagement mondial en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique a été approuvé par 132 pays qui se sont engagés à tripler les énergies renouvelables et à doubler les améliorations annuelles de l’efficacité énergétique d’ici 2030.

Dans le cadre de cet engagement, 5 milliards de dollars ont été mobilisés pour faciliter la mise en œuvre de l’engagement à l’échelle mondiale, notamment pour soutenir le déploiement d’énergies renouvelables dans les pays du Sud.

Une réunion ministérielle inaugurale a réuni lors cette COP plus de 40 ministres et sous-ministres, représentant toutes les régions, y compris les pays du Sud et les peuples autochtones, pour discuter de la mise en œuvre de cet engagement.

Pour accélérer une transition énergétique juste, gérée et financée, les champions de haut niveau et l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) ont lancé l’Alliance utilities for zéro, avec 31 partenaires, dont 25 compagnies d’électricité et services publics mondiaux, unis pour un engagement commun d’ici 2030. Des progrès significatifs ont également eu lieu sur des initiatives aussi diverses que l’accélération des échanges transfrontaliers d’hydrogène renouvelable, la réduction des émissions liées au refroidissement, la promotion de l’électrification de la cuisson ou encore le développement de la gestion du carbone.

Transformer la finance climatique

Les progrès en matière de financement climatique ont été bloqués ces dernières années, avec un écart entre les flux et les besoins d’investissement dans les marchés émergents et les économies en développement s’élevant à des milliards de dollars.

Dès lors, l’objectif de cette COP était clair : garantir que le financement de l’action climatique devienne plus disponible, accessible et abordable, et garantir que l’investissement climatique soit considéré comme une opportunité économique.

Au début du sommet, les gouvernements, les institutions financières internationales et le secteur privé ont fait des pas de géant vers cet objectif.

Respecter les engagements passés

Au total, 13 pays de premier plan ont lancé une nouvelle vision du financement climatique à travers la Déclaration des dirigeants des Émirats arabes unis sur un cadre mondial de financement climatique, qui résume la nécessité d’une action collective, d’opportunités pour tous.

Les Émirats arabes unis ont également annoncé la tenue d’un forum financier en 2024 pour suivre les progrès réalisés par rapport aux engagements pris lors de la COP28 et rendre compte de la mise en œuvre du cadre mondial de financement climatique.

Financement international

Un rapport sur un cadre de financement climatique adapté à son objectif, qui sous- tend la Déclaration conjointe sur le cadre de financement, a été co-écrit par un groupe d’experts indépendants. Il a mis en évidence les actions prioritaires nécessaires pour transformer l’architecture financière pour l’atténuation, l’adaptation et la nature.

Le premier jour de la COP28, des mesures précoces sans précédent ont été prises concernant les pertes et dommages, avec l’adoption historique d’un accord sur la mise en œuvre opérationnelle de ce mécanisme.

Près de 792 millions de dollars ont été mobilisé pour ce fonds au dernier jour la conférence des Parties. Les promesses de don pour le Fonds vert pour le climat ont atteint cette année  un montant historique de 12,8 milliards de dollars, et des contributions cumulées de 317 millions de dollars ont été versées au Fonds d’adaptation et au Fonds pour les pays les moins avancés.

Une multitude de mécanismes de financement innovants ont été annoncés pour soutenir les pays touchés dans un contexte de lourd fardeau de la dette, notamment à travers des promesses de dons au Fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité du FMI, des engagements à canaliser les droits de tirage spéciaux (DTS) vers la Banque africaine de développement (BAD) et une large adoption des clauses de dette résiliente au climat qui suspendent la dette d’un pays lorsqu’il est frappé par une catastrophe naturelle.

Les dirigeants africains se sont réunis pour le lancement de l’Initiative d’industrialisation verte en Afrique, avec plus de 4 milliards de dollars de projets annoncés pour exploiter les ressources vastes et de haute qualité de l’Afrique et élargir l’accès à l’énergie propre et la croissance économique à travers des stratégies nationales.

Financement du secteur privé

La COP28 a vu des niveaux d’engagement sans précédent de la part du secteur privé pour fournir un financement climatique à grande échelle.

Les Émirats arabes unis ont lancé le Fonds catalytique pour le climat appelée ‘’Altérra’’ , doté d’un mécanisme spécial d’atténuation des risques de 5 milliards de dollars destiné à encourager les investissements dans les pays en développement, et avec l’ambition de mobiliser 250 milliards de dollars d’ici 2030 pour la transition climatique par des investisseurs privés et institutionnels.

Plusieurs autres nouveaux instruments de financement mixte ont été annoncés, avec un accent particulier sur les pays du Sud.

Dans le cadre des plateformes régionales pour les projets climatiques, 19 projets climatiques dans les pays en développement issus du Compendium élargi des champions de haut niveau sur les initiatives liées au climat, ont reçu un financement évalué à environ 1,46 milliard de dollars.

D’autres initiatives ont porté sur l’augmentation du financement de la transition, l’encouragement et le financement de la décarbonisation du commerce mondial et la promotion des marchés volontaires du carbone en tant que complément important à la boîte à outils du financement climatique.

Le Forum climat entreprises et philanthropie organisé lors de cette COP 28 a enregistré plus de 20 initiatives portant sur les quatre piliers clés du programme d’action de la COP28 et 7 milliards de dollars ont été officiellement engagés pour atteindre les objectifs.

La santé et les secours, le redressement et la paix

La COP28 a également vu l’introduction par la présidence de deux nouveaux points à l’agenda climatique mondial : la santé et les secours, le redressement et la paix, à travers la première journée thématique dédiée.

Dans un moment décisif, avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé, 144 pays ont approuvé la Déclaration des Émirats arabes unis sur le climat et la santé de la COP28, et les bailleurs de fonds ont mobilisé une première tranche de 2,9 milliards de dollars pour des solutions en matière de climat et de santé.

Lors de la première conférence ministérielle sur le climat et la santé, les ministres et les hauts représentants de plus de 110 ministères de la Santé ont annoncé des plans et des actions pour résoudre des problèmes allant de la pollution de l’air à la propagation des maladies infectieuses et la santé mentale, entre autres.

Ils ont également appelé à une forte présence de la santé dans l’objectif mondial d’adaptation.

La sécurité de l’eau n’a été abordée que pour la deuxième fois lors d’un sommet de la COP, avec 150 millions de dollars de nouveaux financements annoncés pour des innovations visant à lutter contre la pénurie d’eau, et un doublement des portefeuilles d’eau en trois ans.

La COP28 a donné une grande visibilité politique aux communautés de première ligne, principalement dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement.

La sécurité alimentaire a été fermement établie comme une priorité de la COP, avec 159 chefs d’État et de gouvernement approuvant la Déclaration des Émirats arabes unis de la COP28 sur l’agriculture durable, les systèmes alimentaires résilients et l’action climatique pour remédier à la grande vulnérabilité de l’alimentation aux impacts climatiques, ainsi qu’à sa contribution aux émissions.

La Déclaration des Émirats arabes unis de la COP28 sur l’agriculture, l’alimentation et le climat intégrant une agriculture et des systèmes alimentaires durables en réponse au changement climatique a reçu le soutien de 158 pays.

Les entreprises et les organismes philanthropiques ont également annoncé d’importantes initiatives d’innovation en matière d’agriculture régénératrice et d’innovation climatique et alimentaire, soutenues par un financement de 3,2 milliards de dollars pour aider à mettre en œuvre la déclaration.

La COP28 a vu un ensemble sans précédent d’engagements politiques et financiers de la part des secteurs public et privé pour placer la nature, la vie et les moyens de subsistance au cœur de l’agenda climatique.

Les secours, le redressement et la paix, sont approuvés par 80 gouvernements et 43 organisations.

En outre, la Charte sur le financement pour la gestion des risques, une manière d’anticiper les catastrophes a été signée par 39 pays et agences partenaires afin d’augmenter la part des ressources libérées avant une catastrophe climatique plutôt qu’après.

Les parties prenantes se sont réunies à l’occasion de la Journée de la nature, de l’utilisation des terres et de l’océan. Elles se sont concentrées sur les mangroves, les océans et la mise en œuvre de l’objectif mondial récemment adopté visant à protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030.

Nature

Les pays riches en nature et leurs partenaires ont annoncé un financement de soutien de 2,7 milliards de dollars provenant de sources publiques et privées et ont mis l’accent sur les moyens de subsistance et les objectifs de développement des communautés locales et autochtones.

Un engagement pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars a été annoncé pour la préservation de la forêt amazonienne via une plateforme d’actifs basés sur la nature.

Un accélérateur mondial de solutions éducatives pour accélérer la transformation de l’éducation, au profit de 2,1 milliards de personnes, et un investissement de 70 millions de dollars pour construire des écoles résilientes au changement climatique dans les pays vulnérables ont été annoncés par le Fonds vert pour le climat, le Partenariat mondial pour l’éducation, Save the Children et d’autres organisations spécialisées.

Technologie et innovation

La CCNUCC a lancé le Grand Défi de l’innovation en intelligence artificielle (IA).

La COP28 a organisé le 5 décembre le premier Sommet des dirigeants des agences spatiales, accueillant 20 agences spatiales internationales. Le sommet s’est concentré sur l’amélioration du partage de données et de ressources entre les nations spatiales établies et émergentes, le financement d’initiatives de recherche sur le climat, le soutien à la surveillance du climat et la promotion d’opérations spatiales durables en minimisant l’impact environnemental des opérations spatiales.

L’étape du pôle technologie et innovation a exploré le rôle facilitateur de la technologie, de l’innovation et de l’entrepreneuriat dans la lutte contre le changement climatique dans une variété de formats attrayants et conformément aux journées thématiques. Il a attiré plus de 7 500 participants. Les événements de réseautage COP Connect ont rassemblé près de 600 invités et le village des startups de la zone verte a accueilli environ 200 start-ups des technologies climatiques.

La technologie et l’innovation ont également été à l’honneur au cours des deux semaines complètes avec un Forum sur l’innovation climatique réunissant les leaders mondiaux de la technologie pour explorer le développement et la mise à l’échelle de solutions et d’avancées climatiques de pointes.

Regarder vers l’avant et perspectives

Le plan d’action de la présidence de la COP28 vise à produire un impact transformationnel durable qui fera progresser les initiatives clés bien au-delà de la COP28 et contribuera à maintenir la température de 1,5°C à portée de main.

Le Consensus des Emirats arabes unis est un accord qui permet aux parties d’avoir une feuille de route, une direction claire pour limiter le réchauffement climatique de la Planète.

Toutefois, il est essentiel de reconnaître que cette conférence n’est pas la conclusion mais le début d’une nouvelle ère d’action climatique accélérée. Le véritable test consiste à garantir que ces engagements se matérialisent en réalités tangibles.

Alors que nous passons dès l’année prochaine à la COP29, prévue à Bakou en Azerbaïdjan, ensuite à Bélem au Brésil, pour la COP30, les Émirats arabes unis se sont engagés à travailler en étroite collaboration avec les gouvernements de ces pays pour faciliter une transition harmonieuse et favoriser la coopération.

La présidence de la COP28 a clairement indiqué son intention de garantir que les accords conclus lors de la COP28 soient respectés et suivis jusqu’aux COP29 et COP30, avec des mécanismes pour suivre les progrès réalisés dans leur mise en œuvre.

La présidence émiratie a signé un accord avec le Brésil, pays hôte de la COP30, pour approfondir la collaboration et accroître les ambitions climatiques d’ici la COP30.

AB/ASG

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