Contre la vie chère, des Sénégalais marchent dans les rues de Dakar
Contre la vie chère, des Sénégalais marchent dans les rues de Dakar

SENEGAL-SOCIETE-HUMEUR

Dakar, 5 sept (APS) – Plusieurs dizaines de personnes ont participé, samedi, à Dakar, à une marche organisée par le collectif “30 Jours pour le Juste Prix’’, pour dénoncer la cherté de la vie et la baisse du pouvoir d’achat des ménages.

La mobilisation, partie du quartier Castors, a réuni des manifestants arborant des tee-shirts floqués au nom du collectif. Ils brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire notamment : “Stop à la cherté de la vie’’ ou “Juste prix, mon combat’’.

Certains participants agitaient des ustensiles de cuisine vides, symbolisant les difficultés des ménages à remplir leurs paniers. Tout au long du parcours, les manifestants ont scandé des slogans tels que : “Dund gi dafa seer” (la vie est chère), “Aswi sonu nañu, askan wi sunu nañu”, “Location bi dafa seer” (le loyer est cher) et “Woyofal bi dafa seer” (Woyofal est cher).
Vêtue de noir et marchant derrière la foule, Maimouna Ndiaye Sy, une sexagénaire, dit être venue exprimer son ras-le-bol face à la hausse du coût de la vie.

“La vie est extrêmement chère, on ne sait plus quoi faire. Avant de venir à cette manifestation, j’ai fait exprès d’acheter un kilo de poisson. On me l’a vendu à 3 500 francs CFA. On n’est pas sortis pour une promenade de santé, la vie est très difficile au Sénégal”, a-t-elle déclare.

Elle a appelé à préserver le caractère citoyen de la mobilisation. “Je fustige toute tentative de politiser ce rassemblement. Ce n’est pas la politique qui nous a motivés”, a-t-elle insisté, tout en déplorant une mobilisation qu’elle juge faible au regard de l’ampleur du problème.
Venue de Diamaguène, dans la banlieue dakaroise, Mame Binta Fall, une retraitée voilée, avait choisi de porter un panier vide pour illustrer les difficultés auxquelles sont confrontées les familles.

Contre la vie chère, des Sénégalais marchent dans les rues de Dakar
“La population est fatiguée. Avec 5 000 francs CFA, je ne peux plus faire une provision suffisante. J’ai une petite famille, mais une fois au marché, je pense aux familles nombreuses”, a-t-elle témoigné.
À l’extrémité de la foule, Kiné Guèye avançait avec une calebasse renversée sur la tête et un bol vide entre les mains. Une pancarte accrochée à son dos portait l’inscription : “Les veuves souffrent”.
“Je participe à cette manifestation parce que je subi l’impact de la cherté de la vie au Sénégal. En tant que veuve, on subit tout : le loyer, l’eau, l’électricité, avec tout ce qui va avec, notamment les frais de scolarité s’accumulant et augmentant d’année en année”, a-t-elle expliqué.

Selon elle, les veuves et les femmes divorcées sans emploi sont particulièrement exposées aux difficultés liées à la hausse du coût de la vie.

“Je travaille, mais dans ma tête, il y a toujours des moments où c’est dur et je me pose la question de savoir comment font celles qui ne travaillent pas”, a-t-elle ajouté, évoquant la détresse des femmes qui viennent parfois lui demander de l’aide.

“Avant même de finir leur phrase, elles sont en pleurs. Et tu leur donnes 1 000 francs, c’est comme si tu leur avais donné 100 000 francs”, raconte-t-elle.

Contre la vie chère, des Sénégalais marchent dans les rues de Dakar

Kiné Guèye estime également que la cherté de la vie à Dakar est devenue perceptible même pour les étrangers.

“Un ami français m’a interpellée pour me dire que la vie à Dakar est hyper chère. C’est une réalité, parce qu’ils ne subissent pas ça comme nous. Il me dit que nous dépensons énormément d’argent pour nous nourrir”, rapporte-t-elle.

Le porte-parole du collectif, Bathie Drissy, a tenu à rappeler le caractère citoyen de la mobilisation.

“Ce collectif est une initiative citoyenne. Il n’a aucune couleur politique. Ce sont des consommateurs qui subissent la cherté de la vie. Nous devons engager ce combat si nous ne voulons pas continuer à souffrir”, a-t-il affirmé.

Il assure que la mobilisation s’inscrit dans la durée. “C’est un combat qui s’inscrit dans le long terme, jusqu’au jour où les prix vont baisser”, a-t-il déclaré avant que les manifestants ne se dispersent, une fois arrivés au rond-point Jet d’eau, dans le quartier de Grand-Dakar.

BAB/AKS