Comité du Patrimoine mondial : l’Afrique doit parler d’une seule lors de la session de Busan, selon un diplomate
Comité du Patrimoine mondial : l’Afrique doit parler d’une seule lors de la session de Busan, selon un diplomate

MONDE-CULTURE-PLAIDOYER

Dakar, 15 juin (APS) – Le délégué permanent du Sénégal auprès de l’UNESCO, l’ambassadeur Pierre Faye, a appelé, lundi, à Dakar, les États africains à renforcer la coordination de leurs actions en vue de mieux défendre les intérêts du continent lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial prévue en juillet prochain à Busan, en République de Corée.

M. Faye, par ailleurs président du Groupe africain 5A du Comité du patrimoine mondial, intervenait à l’ouverture de la neuvième Réunion préparatoire des États africains membres du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, ”un cadre de réflexion stratégique sur la place de l’Afrique sur la Liste du patrimoine mondial”.

”Cette rencontre de Dakar s’inscrit dans le sillage des efforts entrepris depuis 2016 pour corriger le déséquilibre qui frappe la liste du patrimoine mondial vis-à-vis du continent africain”, a-t-il déclaré devant les représentants des États africains parties à la Convention du patrimoine mondial, des experts du patrimoine culturel et naturel ainsi que des responsables de l’UNESCO.

Pierre Faye a rappelé que sur les 1.248 biens actuellement inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, seuls 112 se trouvent en Afrique, tandis que 13 des 53 biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril sont africains.

”L’Afrique est sous-représentée sur la Liste du patrimoine mondial et surreprésentée sur celle du patrimoine en péril”, a-t-il regretté, estimant que cette situation ne résulte pas d’un manque de sites à valeur universelle exceptionnelle, mais plutôt des difficultés techniques et financières rencontrées par de nombreux pays africains dans la mise en œuvre de la Convention de 1972 sur la protection du patrimoine mondial culturel et naturel.

Le président du Groupe africain 5A, désignant le bloc diplomatique et culturel des États africains membres de l’UNESCO, a salué le rôle du Fonds africain pour le patrimoine mondial, partenaire de cette réunion, qui célèbre cette année son vingtième anniversaire.

Selon lui, cette institution créée en 2006 par l’Union africaine et les États membres de l’UNESCO contribue au renforcement des capacités des pays africains à travers l’assistance technique, la formation, le mentorat, le financement et le développement de partenariats stratégiques.

Il a indiqué que grâce à l’accompagnement du Fonds, 42 sites africains ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, participant ainsi à la préservation de la mémoire des communautés et à la valorisation du patrimoine du continent.

M. Faye a toutefois attiré l’attention sur la situation de neuf pays africains qui ne disposent encore d’aucun bien inscrit sur cette liste, tout en évoquant les menaces croissantes liées aux conflits armés, aux changements climatiques, à la pollution et à l’érosion du patrimoine culturel.

Pour le diplomate sénégalais, le patrimoine constitue ”un puissant instrument de développement durable, de cohésion sociale et de diplomatie culturelle”.

Au nom du Sénégal, qui assure la présidence du Groupe africain 5A du Comité du patrimoine mondial, il a réaffirmé l’engagement du pays en faveur d’une vision panafricaine de préservation et de valorisation du patrimoine culturel et naturel africain.

”Le Sénégal réaffirme son plein soutien à la vision panafricaine visant à préserver et à valoriser l’extraordinaire richesse des civilisations africaines et de leurs paysages”, a-t-il soutenu.

La 9e Réunion préparatoire des États africains membres du Comité du patrimoine mondial se tient du 15 au 19 juin à Dakar.

Elle doit permettre aux pays africains d’harmoniser leurs positions sur les différentes questions inscrites à l’ordre du jour de la 48e session du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, prévue du 19 au 29 juillet à Busan.

 

MK/BK