Colonel Antoine Wardini : ‘’La participation régulière du Sénégal aux missions onusiennes est un outil d’influence diplomatique’’
Colonel Antoine Wardini : ‘’La participation régulière du Sénégal aux missions onusiennes est un outil d’influence diplomatique’’

SENEGAL-MONDE-SECURITE

Dakar, 28 mai (APS) – Les opérations de maintien de la paix auxquelles participent les forces armées sénégalaises depuis plusieurs décennies, au service des Nations unies surtout, sont non seulement un facteur de promotion de la paix et la sécurité, mais aussi un ‘’outil d’influence diplomatique’’, de renforcement de la crédibilité du pays à l’étranger et de valorisation de son expertise militaire, a analysé, pour l’APS, le colonel à la retraite Antoine Wardini.

‘’Les opérations de maintien de la paix sont un outil d’influence diplomatique. Elles permettent au Sénégal de renforcer sa crédibilité internationale, de promouvoir la paix et la sécurité, de consolider ses partenariats stratégiques et de valoriser l’expertise de ses forces armées’’, a dit M. Wardini.

‘’Le Sénégal fait partie des premiers pays africains contributeurs de troupes pour les missions de paix des Nations unies’’, a-t-il signalé dans une interview accordée à l’APS à l’occasion de la célébration, vendredi 29 mai, de la Journée internationale des casques bleus des Nations unies.

L’ancien commandant de la zone militaire numéro 1 du Sénégal et attaché militaire de l’ambassade de son pays au Brésil salue les ‘’retombées’’ de la participation sénégalaise aux missions de maintien de la paix dans le monde. Il s’agit surtout de ‘’retombées’’ diplomatiques, qui font rayonner l’image du Sénégal à l’étranger, d’après lui.

La contribution militaire du Sénégal à ces missions revêt surtout une dimension régionale et africaine, a laissé entendre Antoine Wardini, même si les forces armées sénégalaises prennent part à des opérations en dehors de l’Afrique.

‘’Un acteur majeur de la sécurité collective internationale’’

‘’Depuis son indépendance, le Sénégal a fait du multilatéralisme, de la stabilité régionale et de la solidarité africaine des axes majeurs de sa politique étrangère et de défense’’, a souligné l’ancien directeur de l’information et des relatons publiques des armées sénégalaises.

C’est de ‘’longue tradition’’ que les forces de défense et de sécurité du Sénégal prennent part à des opérations de soutien ou de rétablissement de la paix, a-t-il rappelé, estimant que le fait de mettre des troupes à la disposition des Nations unies fait partie de la ‘’culture diplomatique’’ des dirigeants du pays.

‘’Les forces armées sénégalaises se font remarquer, dans les opérations militaires, par leur professionnalisme, leur discipline et leur capacité d’adaptation. Leur participation à ces opérations a permis au Sénégal d’acquérir une solide réputation dans la gestion des crises et la protection des civils’’, a observé Antoine Wardini.

D’après lui, on reconnaît les contingents provenant du Sénégal à leur discipline, leur neutralité, leur maîtrise du terrain, leur proximité avec les populations et leur respect du droit international humanitaire.

‘’Par l’importance de ses contingents, la qualité de ses troupes et les hautes responsabilités exercées par ses officiers au sein des Nations unies et des organisations africaines, le Sénégal s’est imposé comme un acteur majeur de la sécurité collective internationale et un modèle africain de professionnalisme militaire au service de la paix’’, a insisté M. Wardini, ancien chef de cabinet à la MONUC, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo.

Allier ‘’fermeté militaire et solution politique’’

Le Sénégal a toujours répondu aux appels des Nations unies et d’autres organisations, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en mettant des troupes à leur disposition, a-t-il rappelé, ajoutant que les interventions militaires sénégalaises en Gambie, dans les années 80 et en 2017, ont renforcé la réputation d’acteur majeur de la stabilité régionale du Sénégal.

En Gambie, les troupes sénégalaises ont assuré la CEDEAO de leur capacité à allier ‘’fermeté militaire et solution politique’’, d’après Antoine Wardini.

Les forces armées du Sénégal sont intervenues deux fois en Gambie pour stabiliser le pays.

La première intervention a eu lieu en 1981. Elle a permis au président gambien, Dawda Jawara (1924-2019), de reprendre rapidement le pouvoir aux insurgés menés par Kukoi Samba Sanyang (1952-2013). La seconde intervention, survenue en 2017, a permis d’écarter Yahya Jammeh du pouvoir en janvier et de faciliter l’investiture de l’opposant Adama Barrow, le vainqueur de l’élection présidentielle de 2016.

Des troupes sénégalaises sont intervenues au Liberia et en Guinée-Bissau, dans les années 90, sous l’égide de la CEDEAO. Sous la houlette des Nations unies, elles ont pris part à des opérations de maintien de la paix dans de nombreux, dont Haïti, le Rwanda et la République démocratique du Congo.

FD/AKS/ESF