SENEGAL-MEDIAS
Dakar, 3 mars (APS) – Le Sénégal franchit ‘’un cap décisif ‘’en passant d’une régulation sectorielle à une régulation intégrée et plus élargie de l’écosystème informationnel, avec la transformation du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) en Conseil national de régulation des médias (CNRM), a affirmé, mardi, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique.
Cela implique, selon Alioune Sall, un élargissement radical du champ d’application de ce nouvel organe de régulation, dont il défendu, ce mardi, en séance plénière, à l’Assemblée nationale, le projet de loi portant sur sa création.
En d’autres termes, le CNRM en gestation régulera la presse écrite, la presse en ligne, les plateformes numériques et de partage, ainsi que les créateurs de contenus et les médias étrangers accessibles sur le territoire national sénégalais, a précisé le ministre.
La régulation portera ainsi sur les contenus, indépendamment du support technologique utilisé, a ajouté Alioune Sall.
Selon lui, le nouveau régulateur disposera de moyens financiers, techniques et technologiques adaptés aux enjeux actuels, notamment pour détecter, analyser et contrer les manipulations de l’information et les contenus générés par l’intelligence artificielle.
Le CNRM sera également doté de pouvoirs de contrôle et de sanction ‘’encadrés, proportionnés, mais réels’’ dans le respect des droits de la défense et assortis de voies de recours juridictionnelles, a-t-il fait savoir.
Soulignant que la ‘’liberté d’expression n’est pas la liberté de nuire’’, Alioune Sall a rappelé que l’objectif pour le Sénégal de se doter de ce nouveau régulation est de garantir un espace public pluraliste et responsable.
Il a en ce sens assuré que le projet de loi portant création du CNRM ne constitue ‘’ni un outil de censure ni une loi contre les plateformes ou les réseaux sociaux‘’, mais un cadre destiné à faire respecter les lois nationales, protéger les citoyens et préserver la cohésion sociale.
Le ministre a ainsi qualifié la réforme de ‘’structurelle’’, destinée à préparer le Sénégal aux défis nouveaux, notamment la désinformation, les campagnes massives de manipulation, les deep fakes et l’exposition des mineurs à des contenus violents ou inappropriés.
Il a en outre indiqué que le CNRM devra disposer d’outils juridiques et techniques pour dialoguer avec les plateformes numériques, y compris celles basées à l’étranger, afin d’exiger le retrait de contenus illicites et la mise en place de mécanismes efficaces de protection des mineurs, tels que le contrôle parental et des procédures rapides de signalement.
Mettant en exergue les garanties d’indépendance de ce nouveau régulateur, Alioune Sall a insisté sur la désignation des membres du collège à l’issue d’un appel à candidatures, leur mandat de trois ans renouvelable une seule fois, ainsi que les règles strictes d’incompatibilité et l’obligation de prêter serment.
‘’Ce n’est pas un simple ajustement technique, mais un choix de société‘’, a-t-il dit, appelant les députés à enrichir le texte par leurs amendements afin de doter le pays d’une ‘’autorité de régulation moderne, crédible et respectée’’.
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