Casamance : les population de retour dans leurs villages doivent être davantage accompagnées, plaide un édile
Casamance : les population de retour dans leurs villages doivent être davantage accompagnées, plaide un édile

SENEGAL-SOCIETE-APPUI

Singhère Diola (Goudomp), 22 déc (APS) – Les villages affectés par le conflit en Casamance doivent être davantage accompagnés par l’Etat, a plaidé lundi le maire de Kaour, une commune dont fait partie Singhère Diola, un des villages les plus durement touchés dans la région de Sédhiou (sud).

Sékou Ndiaye, l’édile en question, s’est fait le porte-parole des habitants de Singhère Diola, à l’occasion de la visite du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, dans cette localité du département de Goudomp.

Le maire de Kaour a salué le choix de faire de Singhère Diola la première étape de la tournée du président de la République dans la région de Sédhiou, estimant que ce déplacement constitue “un signal fort” pour encourager le retour des autres villages déplacés de la commune.

Il a rappelé que la commune de Kaour figure parmi les zones les plus durement touchées par le conflit armé en Casamance, plusieurs de ses villages ayant été contraints à l’exil depuis les années 1990.

“Singhère Diola est l’illustration parfaite de cette situation. En 1992, les populations ont quitté leurs terres. Ce n’est qu’à partir de 2015, à la suite d’un forum inclusif réunissant tous les acteurs, que le processus de retour a véritablement été relancé”, a expliqué l’édile.

Les habitants de Singhère Diola se sont définitivement réinstallés dans leur village en 2021, a renseigné l’édile. Il a signalé que plus de cinq villages de la commune de Kaour ont déjà manifesté leur volonté de regagner leur terroir à partir de 2026, d’où selon lui la nécessité d’anticiper leur retour par la mise en place d’infrastructures sociales de base.

Il a insisté, à ce propos, sur les besoins urgents du secteur éducatif, concernant la construction de salles de classe supplémentaires, la clôture de l’école et l’affectation d’un personnel enseignant qualifié.

Au nom des habitants de Singhère Diola, Balla Mandiang a rappelé l’importance historique et économique du village avant son abandon forcé en 1992.

“Nous ne sommes revenus que 33 ans plus tard, précisément le 27 avril 2021, grâce aux efforts conjugués de l’État du Sénégal et des Forces armées”, a-t-il déclaré, rendant hommage aux forces de défense et de sécurité pour leur contribution au retour de la paix.

Il a toutefois souligné que le village fait toujours face à d’importantes difficultés, notamment l’absence d’électricité et d’eau potable, sans compter des préoccupations liées à la sécurité demeurent encore aujourd’hui.

Les populations ont ainsi sollicité l’instauration d’une zone tampon afin de renforcer leur sentiment de sécurité.

Les intervenants ont également salué le Plan Diomaye pour la Casamance, qualifié de véritable levier de relance et d’espoir pour la reconstruction économique et sociale de la région.

Un mémorandum regroupant l’ensemble des doléances du village a été annoncé, en vue d’une prise en charge concertée par les services de l’État, en collaboration avec les autorités locales.

À Singhère Diola, la visite présidentielle a ravivé l’espoir d’une réinstallation durable, conditionnée à un accompagnement effectif pour permettre aux populations de reconstruire leur vie et de tourner définitivement la page du conflit en Casamance.

MNF/AN/BK