SENEGAL-ENVIRONNEMENT
Essaout (Oussouye) , 14 mars (APS) – Une mission d’inventaire participatif du patrimoine agroécologique de la Basse-Casamance a permis, samedi, de mettre en lumière la richesse écologique, agricole et culturelle du village d’Essaout, dans le département d’Oussouye, ont indiqué les participants à cette initiative conduite dans le cadre de la dynamique de recherche-action PRATAM.
La mission a réuni l’équipe scientifique du projet PRATAM, des membres du comité technique de la DyTAEL (Dynamique territoriale d’innovation agroécologique locale) d’Oussouye ainsi que des acteurs communautaires, dans ce village situé en bordure du fleuve Casamance, à proximité de la frontière avec la Guinée-Bissau.
“Nous sommes aujourd’hui à Essaout dans le cadre du PRATAM pour participer collectivement à un inventaire participatif du patrimoine agroécologique de la Basse-Casamance “, a expliqué Bruno Turnheim, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et co-coordinateur de la dynamique PRATAM.

Selon lui, cette localité présente des caractéristiques particulières en raison de sa position géographique et de la diversité des activités liées à son environnement.
Les participants ont notamment observé plusieurs entités représentatives de ce patrimoine, parmi lesquelles les activités autour de l’huître, incluant l’ostréiculture et la cueillette traditionnelle, ainsi que les techniques de transformation menées par les femmes du village.
La mission a également permis d’étudier l’écosystème de mangrove et son interaction avec l’eau salée, ainsi que l’état de la digue anti-sel destinée à protéger les rizières.
“Nous avons constaté des menaces qui pèsent sur cette digue, une barrière essentielle pour la protection des rizières”, a signalé M. Turnheim, ajoutant que ces inventaires visent à “qualifier la richesse du territoire en termes d’entités agricoles, écologiques et culturelles “.
Selon lui, ces ressources constituent un facteur important de vitalité et de résilience du territoire face aux menaces environnementales.
Mamadou Lamine Djiba, membre de l’équipe technique de la DyTAEL d’Oussouye et enseignant au CEM de Boukitingo, a souligné que cette activité a permis de découvrir “un patrimoine agroécologique très riche ” dans le village d’Essaout.

Il a évoqué notamment la riziculture, l’ostréiculture et les ressources naturelles abondantes de la zone, tout en lançant un appel aux autorités et aux partenaires pour la réhabilitation de la digue de protection des rizières.
“La DYTAEL d’Oussouye est une structure qui vient de naître, mais qui a déjà commencé à fonctionner. Elle travaille à la restauration des écosystèmes et à la conservation d’un patrimoine agroécologique très riche dans le département”, a-t-il indiqué.
De son côté, Marie-Louise Diatta, coordonnatrice du Centre départemental d’assistance et de formation pour les femmes et les filles d’Oussouye, a insisté sur l’importance de préserver les pratiques ancestrales qui participent à la protection de l’environnement.
Elle a notamment salué le rôle des femmes dans la cueillette et la transformation des huîtres, ainsi que leur savoir-faire traditionnel dans l’exploitation durable de la mangrove.

Selon elle, ces pratiques contribuent à la régénération de l’écosystème et méritent d’être encouragées et valorisées.
Mme Diatta a également cité l’exemple d’une ferme locale qui emploie des jeunes du village, estimant que ce type d’initiative pourrait aider à fixer les jeunes dans les localités rurales et limiter leur départ vers les grandes villes.
Les participants à la mission ont souligné que l’expérience d’Essaout pourrait servir de modèle pour la valorisation et la préservation du patrimoine agroécologique dans d’autres localités de la Basse-Casamance.

MNF/OID

