Baïla : des communautés se mobilisent dans le repiquage de la mangrove pour redonner vie à un marigot de 10 ha
Baïla : des communautés se mobilisent dans le repiquage de la mangrove pour redonner vie à un marigot de 10 ha

SENEGAL-ENVIRONNEMENT-INITIATIVE

Bignona, 21 sept (APS) – L’Institut africain de gouvernance (IAG), a entamé, lundi, la restauration du marigot de Baïla, un site de dix hectares situé près du village de Balandine, dans le département de Bignona, et qui a perdu une grande partie de ses ressources halieutiques et ses mangroves.

De concert avec une structure qui travaille sur le changement climatique et la conservation de la nature, les initiateurs indiquent que cette restauration devrait favoriser le retour des poissons ainsi que d’autres produits halieutiques, a appris le correspondant de l’APS sur place.

Sur la berge du marigot de Baïla, des jeunes filles et garçons, vêtus de t-shirt blanc à l’effigie des partenaires du camp communautaire, attendent l’arrivée de la pirogue qui assure la navette entre le village et le site de reboisement de mangroves.

Dans la pirogue, des gilets de sauvetage, des sacs vides qui étaient remplis de mangrove ainsi que du sable occupent le décor.

De loin, on aperçoit des arbres morts dans l’eau, alors que de l’autre côté du marigot, se dresse une forêt dense.

La descente de la pirogue se fait difficilement pour certains, surtout ceux qui ne sont pas habitués à prendre ce moyen de locomotion. Le conducteur décide de s’arrêter loin de la berge, poussant les passagers à descendre, avec les pantalons retroussés, les chaussures enlevées.

Au fond de l’eau, la boue empêche les passagers de marcher correctement. Certains ont presque failli tomber, pour d’autres, il a fallu un appui sur des bras des habitués pour s’en sortir.

Plusieurs habitants du village prennent part au camp qui vise à restaurer la végétation avec de la mangrove.

Des jeunes sont de plein-pieds dans le reboisement, à travers des exercices conduits par des moniteurs.

‘’C’est un camp de restauration de mangrove et de renforcement des capacités des communautés du Fogny, ici à Balandine. Donc c’est un programme que nous déroulons depuis 2018’’, a expliqué Sadou Ba, Directeur exécutif la structure Action citoyenne pour le climat et la conservation (A3C)’’.

Baïla : des communautés se mobilisent dans le repiquage de la mangrove pour redonner vie à un marigot de 10 ha

S’exprimant au lancement de la campagne prévue sur trois jours, il a rappelé que l’activité sous forme de camping ambitionne de reboiser les 10 hectares de la mangrove.

Il en est de même pour la formation de 120 à 140 jeunes et femmes sur des thématiques en rapport avec le changement et la résilience climatiques, selon M. Ba.

Selon lui, cette activité est aussi un programme qui va permettre aux communautés vivant dans la zone de ‘’faire le partage d’expériences en matière de gouvernance et de gestion des zones côtières’’.

Il a rappelé que Balandine fait partie de l’Aire marine protégée (AMP) Kafountine-Balandine-Fogny (KBF), dans le Blouf, vers Kagnobon où environ 100 hectares de mangroves ont été reboisées.

Il y a quelques années, le était peuplé de mangroves, qui ont toutes disparu’’, a déploré le directeur exécutif de A3C, insistant sur la nécessité de redonner vie à cet écosystème pour que ‘’les communautés environnantes puissent en bénéficier des avantages qui sont liés à la mangrove qui joue un rôle économique important, en permettant aux communautés d’accéder aux ressources halieutiques’’.

Le maire de la commune de Suelle, NFally Badji a rappelé qu’il y une quinzaine d’années, le site regorgeait beaucoup de poissons. ‘’Ce qui n’est pas le cas actuellement’’.

Baïla : des communautés se mobilisent dans le repiquage de la mangrove pour redonner vie à un marigot de 10 ha

‘’Les quelques personnes qui s’adonnent à l’activité de la pêche peuvent passer toute une journée dans les eaux et revenir avec un seul petit panier de poissons.  Donc ce repiquage va permettre de retrouver le planton marin et faire revenir les ressources halieutiques’’, s’est-t-il réjoui.

De son côté, la représentante de l’institut africain de gouvernance (IAG), partenaire financier de la campagne, Fanta Camara a fait savoir que les jeunes qui ont participé au camp communautaire de Balandine vont pouvoir faire des immersions pratiques.

Baïla : des communautés se mobilisent dans le repiquage de la mangrove pour redonner vie à un marigot de 10 ha

‘’Nous espérons qu’à travers les formations qu’on va donner et cette restauration de mangrove, on pourra changer la donne, consistant à reverdir encore cet espace et permettre aux communautés qui y vivent d’avoir encore des sources d’économie’’, a-t-elle souligné.

AT/SMD