Dakar, 30 août (APS) – La transition écologique “doit d’abord s’adosser à une stratégie institutionnelle” permettant d’avoir des structures en mesure de concevoir et assurer la mise en œuvre d’un modèle de développement résilient et faiblement émissif, a estimé le directeur de l’environnement et des établissements classés (DEEC) du Sénégal, Baba Dramé.

‘’La question du développement durable, de la transition écologique doit d’abord s’adosser à une stratégie institutionnelle qui permette d’avoir des structures qui puissent concevoir les politiques mais également assurer leur mise en œuvre vers un modèle de développement résilient et faiblement émissif’’, a-t-il-dit dans un entretien avec l’APS.

La transition écologique, précise-t-il, consiste d’abord à “quitter un modèle de développement qui engendre des problèmes environnementaux vers un modèle de développement qui contrôle et réduit ces problèmes environnementaux”.

Lutter contre ces problèmes environnementaux implique donc de “promouvoir des modes de production et de consommation qui utilisent des énergies, notamment les énergies renouvelables’’, souligne-t-il.

Il estime que “le Sénégal l’a bien compris”, soulignant que “c’est la raison pour laquelle notre politique énergétique repose fondamentalement sur le mix-énergétique, où nous sommes en train de réaliser des résultats importants en matière d’intégration des énergies renouvelables dans nos modes de production énergétique’’.

Il a relevé que le Sénégal produit aujourd’hui plus de 30% de son énergie électrique à partir des énergies renouvelables. ‘’Nous sommes en train de nous projeter à 40% de mix-énergétique d’ici 2030, sur la transition énergétique juste’’, a-t-il fait savoir.

Il estime que ce sont ces changements dans les modes de production qui permettent d’assurer cette transition écologique qui englobe la transition énergétique.

Il signale que dans d’autres secteurs d’activités comme la foresterie, menacée par la déforestation et la désertification, le service des eaux et forêts se bat pour intégrer la dimension ‘’développement durable et transition écologique’’ dans les modes d’exploitation de nos ressources forestières, à travers l’aménagement des massifs forestiers.

‘’Cet aménagement, a-t-il expliqué, permet de tirer profit des opportunités qu’offrent les forêts tout en travaillant à leur régénération avec l’utilisation des foyers améliorés, ou encore la meule casamançaise dans la production de charbon’’.

De son point de vue, dans chaque secteur d’activité,  il est possible de faire une analyse, pour inverser la tendance à la dégradation de l’environnement. Il rappelle que c’est cette démarche consistant à passer d’une économie brune à une économie verte qu’on appelle la transition écologique.

‘’C’est cette dynamique que le ministère de l’Environnement est en train d’impulser à travers ses différents politiques et services à travers la lettre de politique sectorielle 2022-2026, destinée à améliorer l’action de l’Etat en matière de protection de l’environnement’’, a-t-il ajouté.

Il a cité, à cet effet, le transport durable dans le cadre duquel ‘’ il y a beaucoup de projets de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, comme le projet Bus Rapid Transit (BR) et le TER [Train Express régional] qui permettent aux Sénégalais de se déplacer sans utiliser leurs véhicules’’.

Il a rappelé que la création du ministère de l’Environnement, du Développement durable, articulé au concept ‘’Transition écologique’’, remonte à seulement il y a environ un an. ‘’On avait avant le ministère de l’Environnement et du Développement durable mais le président de la République (Macky Sall) a voulu élever le niveau en créant ce ministère avec le concept transition écologique, beaucoup plus englobant pour la gestion de l’environnement”, a-t-il fait valoir.

Selon lui, la transition écologique est transversale et le ministère de l’Environnement se charge d’impulser, de coordonner et d’assurer le suivi du mécanisme qui permet de retracer les efforts du Sénégal en matière de lutte contre les changements climatiques.

Baba Dramé a rappelé que tous les autres départements ministériels sont interpellés dans la mise en œuvre de cette politique de transition écologique. Selon lui, ‘’c’est la raison pour laquelle la question institutionnelle est centrale dans la transition écologique”’.

Il a magnifié la création du ministère de l’Environnemental, du Développement durable et de la Transition écologique de même que la mutation du Conseil économique et social (CES) en Conseil économique, social et environnemental (CESE).

‘’Cette nouvelle stratégie institutionnelle au CESE a permis à l’Etat de toucher les trois piliers du développement durable, à savoir l’économie, le social et l’environnement’’, a-t-il indiqué.

Baba Dramé a par ailleurs salué la création de la Conférence nationale sur le développement durable, qui regroupe l’ensemble des acteurs du développement, que sont les structures étatiques et privées, les collectivités territoriales, la société civile et les structures de recherche, pour évaluer les politiques de développement durable.

Il a insisté également sur le fait que ‘’la protection de l’environnement, reste également une question de mentalité’’. ‘’L’Etat a beau mettre en place des politiques, des projets, des programmes de préservation de l’environnement, si les mentalités et les comportements de préservation de la nature n’évoluent pas en intégrant le développement durable, cela ne servira à rien du tout’’, a-t-il-prévenu.

ABD/AB/OID/ASG

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