Avortement médicalisé : des journalistes outillés pour la production de récits médiatiques ”précis et non stigmatisants”
Avortement médicalisé : des journalistes outillés pour la production de récits médiatiques ”précis et non stigmatisants”

SENEGAL-SANTE-MEDIAS

Dakar, 13 mars (APS) -Des profesionnels de l’information et de la communication ont outillés jeudi sur les enjeux de médicalisé en vue de la production de contenus médiatiques avec des récits précis et non stigmatisants, a appris l’APS de l’ONG Action for Change, initiatrice de cette formation.

La session vise à renforcer la capacité des professionnels des médias à produire des récits précis, empathiques et non stigmatisants sur la question sensible de l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste, a précisé Aicha Manga chargé de programme de cette organisation non gouvernementale.

Elle intervenait au cours de l’atelier de formation destiné aux journalistes et créateurs de contenus, axé sur la clarification des valeurs et la transformation des attitudes.

‘’Dans certains articles de presse, l’on donne trop de détails sur la victime : lieu d’habitation, initiales et autres informations permettant de l’identifier. Dans un pays comme le Sénégal, ces éléments peuvent suffire à reconnaître la personne. Cela renforce la stigmatisation’’, a fait remarquer Mme Manga.

La session de formation et de sensibilisation à l’intention des professionnels des médias a offert un espace de réflexion critique et de dialogue autour des croyances, des valeurs et des responsabilités professionnelles dans le traitement médiatique de l’avortement, en particulier dans les cas de viol ou d’inceste’’, a-t-elle poursuivi.

Aicha Manga a insisté sur les conséquences d’un traitement médiatique inadapté.

‘’L’objectif est d’encourager un traitement de l’information qui protège les victimes et évite les termes ou approches pouvant les blesser’’, a-t-elle dit.

L’initiative s’inscrit dans le cadre d’un plaidoyer plus large pour l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste, une revendication portée depuis plusieurs années par des organisations de la société civile qui ont mis en place une ‘’Task Force’’ dans ce sens.

‘’Nous espérons que les politiques publiques évolueront pour mieux protéger les victimes, conformément aux engagements internationaux du Sénégal’’, a plaidé Aicha Manga.

‘’Lors que les journalistes comprennent les enjeux et les termes appropriés, ils deviennent ainsi des ambassadeurs capables de porter des récits plus justes et plus humains’’, a, pour sa part, défendu la journaliste Sokhna Khadidiatou Sakho, facilitatrice de cette session.

Elle a rappelé les règles de base du journalisme, notamment dans le traitement de sujets dits sensibles.

‘’Il faut éviter de montrer les images de mineurs, de divulguer des informations permettant d’identifier les victimes et de privilégier des récits empathiques plutôt que sensationnels’’, a rappelé la journaliste de l’Agence de presse sénégalaise.

NSS/HB/ADL/MTN