Avis de spécialistes sur les difficultés des équipes africaines face aux pays hôtes de la Coupe du monde
Avis de spécialistes sur les difficultés des équipes africaines face aux pays hôtes de la Coupe du monde

SENEGAL-MONDE-FOOTBALL-ANALYSE

Dakar, 13 juin (APS) – La défaite de l’Afrique du Sud face au Mexique (0-2), lors du match d’ouverture de la Coupe du monde 2026, confirme la difficulté des représentants africains au moment d’affronter les pays organisateurs, le Sénégal étant à ce jour la seule équipe du continent à avoir battu un pays hôte de la plus grande compétition de football au monde.

Les confrontations entre les sélections africaines et les pays hôtes de la Coupe du monde ont jusqu’ici largement tourné à l’avantage des nations organisatrices. En sept rencontres recensées, le bilan est d’une seule victoire africaine contre six défaites et un match nul.

La première opposition remonte à 1998, lorsque l’Afrique du Sud s’était inclinée 3-0 face à la France.

En 2010, les Bafana Bafana, pays organisateur du tournoi, avaient obtenu un nul (1-1) contre le Mexique avant de subir une lourde défaite (3-0) face à l’Uruguay. Le Cameroun avait ensuite été dominé par le Brésil (4-1) lors de l’édition 2014.

La seule exception à cette série défavorable reste le Sénégal. Lors du Mondial 2022, les Lions de la Teranga, alors champions d’Afrique en titre, avaient signé la première et unique victoire d’une sélection africaine contre un pays hôte en battant le Qatar (3-1) en phase de groupes.

Quatre ans plus tard, à l’ouverture de la Coupe du monde 2026, l’Afrique du Sud n’a pas réussi à confirmer cet exploit, s’inclinant 2-0 face au Mexique, co-organisateur de la compétition. Ce résultat porte ainsi le bilan africain à une victoire et six défaites face aux pays hôtes du Mondial.

Pour le journaliste, Babacar Khalifa Ndiaye, ancien directeur de la rédaction des sports du quotidien Le Soleil, ‘’ cette difficulté récurrente des sélections africaines s’explique en grande partie par les avantages dont bénéficient les pays organisateurs’’

‘’ Ce sont des équipes qui, traditionnellement, se préparent très bien, bénéficient de l’appui de leur public et souvent d’une certaine forme de complaisance des arbitres, contrairement aux équipes africaines confrontées à des difficultés de préparation’’, a-t-il déclaré à l’APS.

L’auteur de l’ouvrage ‘’ Une deuxième étoile du plus bel éclat’’ invite toutefois à relativiser la portée du succès sénégalais contre le Qatar. ‘’L’émirat s’inscrivait davantage dans une logique de diplomatie sportive et de soft power que dans une ambition de conquête du titre mondial’’, a-t-il souligné.

Il est d’avis que l’organisation de la Coupe du monde dans ce pays répondait davantage à une volonté pour le Qatar de renforcer sa visibilité et son influence sur la scène internationale à travers le sport le plus populaire au monde.

Tout en saluant la performance des Lions, il estime que ‘’ le Qatar n’appartenait pas à la catégorie des nations hôtes qui disposent habituellement des moyens sportifs pour prétendre à un parcours de premier plan’’.

Babacar Khalifa Ndiaye rappelle également que l’Afrique du Sud, seul pays africain à avoir accueilli la compétition, avait réussi à tenir le Mexique en échec (1-1) avant de battre la France (2-1) lors du Mondial 2010.

‘’ Le pays hôte est souvent dans des conditions psychologiques qui lui permettent de se surpasser et de réaliser de grosses choses ‘’, a-t-il martelé

De son côté, Chérif Sadio, journaliste sportif et directeur du développement et des partenariats de l’académie Diambars, met davantage l’accent sur l’évolution du football africain, signalant que les sélections du continent ont longtemps souffert d’un déficit d’expérience collective au plus haut niveau et des difficultés logistiques et organisationnelles ayant parfois affecté leur préparation.’’

‘’ La bonne nouvelle, c’est que la majorité de ces problématiques sont aujourd’hui largement réglées. Tout n’est pas parfait, mais on observe une amélioration considérable dans le management des sélections africaines qualifiées pour les grandes compétitions ‘’, a-t-il indiqué.

Pour Chérif Sadio, ‘’ la victoire du Sénégal contre le Qatar est avant tout le résultat de la maturité atteinte par une génération championne d’Afrique et composée de joueurs évoluant dans les meilleurs championnats européens’’.

Avis de spécialistes sur les difficultés des équipes africaines face aux pays hôtes de la Coupe du monde

Il demeure ainsi optimiste, entrevoyant un avenir prometteur pour les équipes africaines.

‘’Les indicateurs sont encourageant’’, a-t-il fait valoir, en évoquant notamment le parcours historique du Maroc au Mondial 2022, la progression du niveau de la Coupe d’Afrique des nations et la présence croissante de joueurs africains dans les grands clubs européens.’’

‘’ Les sélections africaines sont aujourd’hui capables de rivaliser avec n’importe quelle nation ‘’, a-t-il affirmé.

En fin de compte, il pense que l’évolution du football africain constitue une réelle raison d’espérer une amélioration des résultats africains face aux pays organisateurs lors des prochaines éditions de la Coupe du monde.

ID/AKS