SENEGAL-SANTE
Dakar, 17 avr (APS) – Au Sénégal, sur environ 1 800 personnes atteintes d’hémophilie, seules 400 sont réellement diagnostiquées, a-t-on appris du professeur Saliou Diop selon qui, ce sous-diagnostic s’explique par une méconnaissance de la maladie.
”Les chiffres font état de 1 800 patients souffrant d’hémophilie. Ce qui laisse croire que les 1 400 autres sont dans la nature et ne sont pas diagnostiqués. Pire ils ne savent même pas qu’ils ont la maladie, faisant que la plupart décède ou ont des malformations’’, a déclaré l’hématologue et clinicien.
Il prenait part, au Centre national de transfusion sanguine, à la commémoration de la Journée mondiale de l’hémophilie placée sous le thème ‘’Diagnostiquer : première étape de soins’’, et célébrée le 17 avril de chaque année. L’hémophilie est une maladie génétique rare, généralement héréditaire, qui provoque des hémorragies prolongées ou des saignements internes, notamment dans les articulations.
Evoquant un cas pratique généralement rencontré dans les établissements de santé, le professeur Saliou Diop, a indiqué qu’il arrive que ‘’certains garçons atteints d’hémophilie sans le savoir perdent beaucoup de sang au moment de la circoncision et succombent, car ils n’ont jamais été diagnostiqués’’. D’où ‘’l’importance du diagnostic dans la préservation de la vie des jeunes garçons et des déformations musculaires’’.
Face à cela, l’enseignant à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) recommande la sensibilisation, invitant les parents à télécharger l’application +Seytou hémophilie+ qui propose des conseils pratiques.
Il a en outre souligné que le Sénégal a fourni des efforts dans la prise en charge des enfants atteints d’hémophilie, faisant observer que la commémoration de la Journée mondiale de l’hémophilie constitue un moment fort de mobilisation et de sensibilisation autour des troubles de la coagulation.
Le directeur du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), docteur Daouda Seck, a, de son côté, rappelé que l’hémophilie, maladie héréditaire est encore trop souvent méconnue, sous-diagnostiquée et insuffisamment prise en charge dans de nombreux pays.
”Aucun traitement efficace ne peut être envisagé sans un diagnostic précoce, fiable et accessible. Diagnostiquer, c’est d’abord reconnaître et donner un nom à la maladie, sortir le patient de l’incertitude et lui ouvrir les portes d’un parcours de soins adapté’’, a-t-il fait savoir.
Selon lui, trop d’enfants, trop de familles vivent encore dans l’errance diagnostique, avec des conséquences parfois très graves, voire irréversibles.
Notant des ‘’progrès notables’’ ces dernières années au Sénégal, grâce à la direction de lutte contre l’hémophilie, il pointe toutefois des ‘’défis importants, notamment en matière d’accès au diagnostic, de renforcement des capacités des laboratoires et de formation des professionnels de santé’’
”C’est dans ce cadre que le Centre national de transfusion sanguine a joué pleinement son rôle en contribuant au renforcement du système de diagnostic, en développant les compétences et en améliorant la disponibilité et la sécurité des produits sanguins et dérivés du sang’’, a souligné le docteur Daouda Seck
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