Anacarde : une organisation paysanne fait de l’augmentation et de la transformation de la production ses priorités
Anacarde : une organisation paysanne fait de l’augmentation et de la transformation de la production ses priorités

SENEGAL-AGRICULTURE

Dakar, 8 mai (APS) – Le président de l’Interprofession cajou du Sénégal (ICAS), Boubacar Konta, réélu à la tête de cette organisation paysanne, vendredi, à Dakar, a promis de faire de l’augmentation et de la transformation de la production d’anacarde les priorités de son nouveau mandat.

M. Konta et les autres membres du bureau de l’ICAS ont été réélus pour un mandat de trois ans.

‘’L’industrialisation de cette filière, l’objectif de notre bureau, contribuera à la création d’emplois et va impacter positivement la valeur ajoutée de la noix de cajou en termes de devises et de production de denrées alimentaires’’, a assuré M. Konta.

‘’La filière anacarde est contrôlée par des étrangers, qui en exportent la production brute. C’est pourquoi nous allons nous appesantir sur l’augmentation et la transformation au Sénégal de la production’’, a-t-il promis.

Selon le président de l’ICAS, la quantité d’anacarde transformée dans le pays est inférieure à 5 % de la production nationale, ce qui engendre des ‘’pertes énormes’’ pour le pays.

Malgré ces insuffisances, la filière s’améliore depuis 2018, d’après Boubacar Konta.

Un arrêté d’interdiction des exportations par voie terrestre a facilité l’augmentation des exportations, qui sont passées de 87 000 tonnes en 2022 à 160 000 tonnes en 2023, a indiqué M. Konta.

D’après lui, la filière est pourvoyeuse de beaucoup d’emplois. Une entreprise de transformation de noix de cajou peut générer 300 emplois, a-t-il dit.

‘’Le ministère de l’Agriculture est en train de structurer la filière. À ses efforts s’ajoutent ceux des projets agropoles, qui font de l’anacarde une priorité’’, a souligné Boubacar Konta.

Il espère que le Sénégal peut faire mieux que la Côte d’Ivoire en matière de transformation industrielle de l’anacarde, si la filière est bien soutenue par les pouvoirs publics.

‘’Nous ne pouvons pas atteindre la souveraineté alimentaire, si nous n’avons pas des filières bien structurées’’, a soutenu Djibril Diop, le directeur de cabinet du secrétaire d’État chargé des Coopératives et de l’Encadrement paysan.

La filière anacarde sénégalaise a généré des revenus de presque 92 milliards de francs CFA en 2023, a-t-il indiqué.

Elle compte environ 130 000 producteurs, qui exploitent quelque 300 000 hectares, selon M. Diop.

À son avis, le renouvellement du bureau de l’ICAS est l’occasion de lui ‘’impulser une nouvelle dynamique’’.

‘’L’ICAS doit s’affirmer comme une interprofession forte, crédible, structurée et capable d’organiser efficacement la chaîne de valeur cajou, de défendre les intérêts de ses membres et de développer la filière’’, a dit Djibril Diop.

MFD/ESF/MTN