Aliou Gori Diouf : “C’est excessif et non raisonnable de rejeter le projet de loi de finances rectificative”
Aliou Gori Diouf : “C’est excessif et non raisonnable de rejeter le projet de loi de finances rectificative”

SENEGAL-FINANCES-GOUVERNEMENT-PARLEMENT

‎‎Dakar, 27 oct (APS)- Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf, juge “excessive et non raisonnable” la position de la majorité parlementaire qui n’exclut pas de rejeter le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, estimant toutefois légitime sa volonté de bien encadrer l’usage fait des fonds spéciaux.  

“Remettre en cause un montant équivalant 0,0013 % du budget pour bloquer la loi de finances rectificative me paraît excessif et non raisonnable”, a soutenu M. Diouf dans un entretien avec l’APS.

Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a déclaré que le groupe parlementaire Pastef (majoritaire), composé de députés de son parti politique, n’écarte pas un rejet du PLFR 2026, après que le gouvernement a rejeté une proposition de loi relative aux fonds spéciaux alloués à certaines institutions, à des missions diplomatiques, etc.

Les fonds spéciaux ne représentent que 0,0013 % du budget de quelque 7 000 milliards de francs CFA voté au titre de la loi de finances initiale 2026, soutient le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.

D’après lui, la part du budget destinée aux fonds spéciaux est tellement dérisoire qu’elle ne devrait pas être invoquée comme un motif de rejet du PLFR 2026.

La commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative, vendredi dernier.  

Aliou Gori Diouf juge toutefois légitime la volonté exprimée par le président de l’Assemblée nationale, les députés de Pastef et d’autres leaders politiques de bien encadrer l’usage fait des fonds spéciaux.

Les deniers publics doivent être utilisés en toute transparence, a-t-il argué, soutenant que les moyens auxquels recourent les institutions pour exercer leurs prérogatives ne doivent pas être de nature à compromettre l’intérêt de la nation.

Le budget de l’État “n’appartient ni au gouvernement ni à l’Assemblée nationale. C’est le budget de la nation sénégalaise”, a-t-il soutenu, laissant entendre que cette question doit dépasser les “rivalités politiques”.

À son avis, un rejet du PLFR par l’Assemblée nationale pourrait entraver les ajustements budgétaires effectués pour allouer davantage de fonds à la subvention des produits énergétiques (gaz butane, électricité, essence, gasoil, etc.) et payer les bourses destinées aux ménages les plus démunis.

Un blocage de la loi de finances rectificative peut entraîner des perturbations de la mise en œuvre des mesures sociales de l’État et entraver les investissements publics, prévient le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique.

Aliou Gori Diouf pense que les nombreux désaccords survenus récemment entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, à l’origine des recours déposés au Conseil constitutionnel, procèdent du fonctionnement normal de la République. Ils doivent être tranchés dans le respect de la Constitution, a-t-il ajouté.

“Si l’exécutif considère que telle loi votée est contraire à la Constitution, il fait appel à qui de droit, c’est-à-dire le Conseil constitutionnel”, a fait remarquer M. Diouf.

Il considère que “personne ne peut se mettre au-dessus des institutions”, de même qu’aucun parti politique “ne se substitue à l’État”.

“Les intérêts individuels ne peuvent non plus empiéter sur l’intérêt général”, a répondu Aliou Gori Diouf à une question relative aux récentes divergences ayant opposé le gouvernement à la majorité parlementaire.

Il estime que la collaboration entre l’Assemblée nationale et le gouvernement est toujours possible, si les deux parties placent l’intérêt du peuple au-dessus des intérêts personnels.

TAB/ESF/BK/SBS