Aider un enfant à réviser ses leçons, ‘’un travail domestique non rémunéré’’ (chercheur)
Aider un enfant à réviser ses leçons, ‘’un travail domestique non rémunéré’’ (chercheur)

SENEGAL-EDUCATION-SOCIETE

Dakar, 28 sept (APS) – La remédiation scolaire, un facteur essentiel aux performances des enfants qui contribue à assurer la continuité des apprentissages à la maison, en les aidant à réviser leurs leçons, est considérée par un chercheur comme ‘’un travail domestique non rémunéré assuré le plus souvent par la femme” .

Pr Latif Dramani Directeur du Centre de recherche en économie et finances appliquées (CREFA) de l’Université Iba Der Thiam de Thiès, considère cet accompagnement d’un membre de la famille, la plupart du temps la femme, comme ‘’un travail domestique non rémunéré qui, pourtant, reste un maillon essentiel des performances scolaires de l’élève’’.

Il intervenait lors d’une session en ligne avec des journalistes en santé, éducation et société pour les ‘’familiariser sur cette thématique de Travail de soins familiaux non rémunérés (TSFNR) souvent essentiel avec un focus particulier sur la garde des enfants dans le contexte sénégalais’’.

Ce travail, combiné à la garde de l’enfant en même temps, l’aide à ‘’dépasser souvent ses limites en termes de performances, hors de l’école’’, selon le chercheur.

Cela est essentiel au ‘’fonctionnement de la société et de l’économie, mais il n’est pas directement rémunéré et n’est pas inclus dans le calcul du PIB, car il se situe dans la sphère privée et domestique’’, a-t-il souligné.

La publication du professeur, intitulée ‘’Production domestique non rémunérée’’, a mis en lumière ‘’l’importance de certaines tâches domestiques dans la société sans pour autant être valorisées’’.

Il a cité parmi ces tâches, le fait d’aller au marché, de faire la cuisine, de laver la vaisselle, de garder des enfants et des personnes âgées, entre autres.

Dans ses estimations, il a souligné que ce travail de soutien scolaire, de garde d’enfants peut être rémunéré à 1012 francs l’heure, alors que faire la cuisine peut être rétribué à 385 francs l’heure.

‘’Le travail de soins familiaux non rémunérés englobe les tâches essentielles et chronophages telles que la cuisine, le nettoyage, la garde des enfants et des personnes âgées, ainsi que la collecte d’eau et de combustible’’, a-t-il souligné dans sa présentation.

La chercheure Fatou Cissé, qui a publié une étude sur la garde des enfants avec le Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES) et le Centre régional de développement international (CRDI), relève que ‘’bien que ces tâches soient essentielles au maintien et au bien-être des individus et de la société, elles ne sont généralement pas reconnues comme un travail productif et restent économiquement invisibles’’.

L’une des approches les plus utilisées, est celle du coût d’opportunité, qui permet de quantifier la valeur économique des tâches non rémunérées en se basant sur le salaire que la personne aurait pu percevoir en effectuant un travail rémunéré, a-t-elle souligné.

D’autres études prônent, selon Fatou Cissé, ”une intégration de ces tâches dans les systèmes de comptabilité nationale afin de refléter plus fidèlement la production économique des ménages”.

Les résultats des recherches mettent en évidence ‘’un consensus croissant sur la nécessité de prendre en compte les activités non rémunérées dans les évaluations économiques pour mieux comprendre les inégalités économiques et sociales entre les sexes’’.

En effet, la reconnaissance du travail domestique non rémunéré permettrait non seulement de rendre visible la contribution des femmes à la création de la richesse, mais aussi d’informer les politiques publiques.

Plusieurs témoignages recueillis montrent que la garde des enfants, constitue un problème, surtout pour les femmes qui ont une activité professionnelle. D’où l’idée de plus en plus agitée, des crèches d’entreprises.

La conférence en ligne à l’initiative de Population Reference Bureau (PRB) a été l’occasion de ‘’clarifier les concepts de travail de soins familiaux non rémunérés (TSFNR), de partager des éléments issus de recherches récentes au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

Elle a permis aussi d’échanger ‘’librement sur les angles médiatiques’’ possibles autour de la garde des enfants, des responsabilités familiales et de la répartition du travail au sein des ménages.

ADL/HK