SENEGAL-GOUVERNANCE
Dakar, 21 juil (APS) – Le Premier président de la Cour des comptes, Abdoul Madjib Guèye, a souligné, mardi à Dakar, la nécessité pour les institutions supérieures de contrôle ayant des fonctions juridictionnelles de définir un cadre de compétences maîtrisé devant permettre de mieux structurer leurs politiques de renforcement des capacités.
“Si nous voulons renforcer les capacités au niveau des juridictions financières, il faut commencer par le commencement, c’est-à-dire savoir quel est le cadre de compétences que nous voulons mettre en place, quel est le profil attendu et quelles sont les formations nécessaires”, a déclaré Abdoul Madjib Guèye.
Le magistrat s’exprimait en marge d’un séminaire professionnel organisé par la Cour des comptes du Sénégal en collaboration avec JURISAI, l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques ayant des fonctions juridictionnelles.
La rencontre, ouverte mardi à Dakar et prévue pour se poursuivre jusqu’au 23 juillet, porte sur le thème “Gestion des compétences du professionnel des fonctions juridictionnelles : défis et perspectives “.
“Ce que nous attendons au sortir de ce séminaire, c’est que nous puissions nous familiariser avec le cadre normatif mis en place pour prendre en charge la gestion des compétences et que nous disposions d’un cadre de compétences bien maîtrisé”, a expliqué Abdoul Madjib Guèye.

Selon le Premier président de la Cour des comptes, ce séminaire constitue une première étape dans la mise en œuvre du plan d’action de la Commission du renforcement des capacités de JURISAI, présidée par le Sénégal.
Il a précisé que les travaux du séminaire devront permettre de définir les compétences requises pour les professionnels appelés à évoluer au sein des juridictions financières.
“Nous allons mettre à plat ce que nous attendons en termes de compétences de ceux qui vont évoluer dans les institutions supérieures de contrôle à caractère juridictionnel”, a-t-il déclaré.
Il a ajouté que cette étape sera suivie par la mise en place d’activités de formation, d’échanges d’expériences, d’évaluations par les pairs ainsi que de dispositifs d’évaluation de la performance des institutions.
La gestion des compétences, un levier stratégique de gouvernance
La représentante de la présidence de JURISAI, Emmanuelle Borel, a pour sa part insisté sur la nécessité de considérer la gestion des compétences comme un enjeu stratégique pour les institutions supérieures de contrôle ayant des fonctions juridictionnelles.
Selon Emmanuelle Borel, la création de JURISAI répondait à la volonté de mieux accompagner les “institutions supérieures de contrôle à caractère juridictionnel afin de répondre à leurs besoins spécifiques en matière de coopération, d’échanges institutionnalisés, de formation, de connaissances, de pratiques et de développement des capacités”.
“La gestion des compétences ne peut plus être envisagée comme une simple activité administrative consistant à inventorier des qualifications ou à organiser des formations ponctuelles. Elle constitue aujourd’hui un véritable levier stratégique de gouvernance”, a déclaré la magistrate française.

Les exigences en matière de compétences des auditeurs, notamment leur recrutement, leur formation, leur maintien et leur évaluation, revêtent une importance fondamentale pour les institutions supérieures de contrôle, d’après Emmanuelle Borel.
“La gestion des compétences ne doit pas se limiter aux seuls auditeurs”, a-t-elle souligné, estimant que “la culture de la preuve, le principe du contradictoire et les procédures propres aux juridictions financières concernent l’ensemble des membres des ISC à caractère juridictionnel”.
Selon Mme Borel, “la professionnalisation des juges et des auditeurs ainsi que la formation continue constituent des facteurs essentiels pour renforcer l’efficacité des juridictions financières”.
Elle a insisté sur la complémentarité entre les fonctions d’audit et les missions juridictionnelles.
De même a-t-elle plaidé pour le développement de mécanismes de formation continue, de mentorat et de partage d’expériences, rappelant que la formation initiale ne saurait, à elle seule, répondre aux défis liés à l’évolution constante des missions des Institutions supérieures de contrôle.
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