SENEGAL-AGRICULTURE
Sédhiou, 24 août (APS) – Les responsables du projet Adaptation et validation entrepreneuriales en irrigation et agriculture rurales (Avenir), lancé en 2019, ont effectué une tournée de terrain dans trois communes du département de Bounkiling, région de Sédhiou (sud), pour constater les avancées des initiatives agricoles qui contribuent à l’autonomisation économique des femmes et des jeunes selon les témoignages receuillies sur place.
Mis en œuvre par le consortium MEDA et l’Alliance Bioversity & CIAT, avec un financement d’Affaires mondiales Canada, le projet vise à renforcer l’autonomisation économique des femmes et des jeunes à travers des solutions agricoles durables.
A Diacounda (village de Djipandor), le projet ‘’Avenir ‘’a réhabilité et équipé une unité de transformation de fruits et légumes au profit du groupement d’intérêt économique ‘’GIE Awa Niang’’.
Présidente du GIE, Seynabou Diedhiou a salué les retombées du projet ”Avenir” à Diacounda, mettant en exergue l’appui apporté aux femmes qui a participé à ”changer profondément” leur quotidien.
Contraintes de migrer vers Dakar pour chercher du travail, elles peuvent désormais rester au village, transformer localement leurs produits agricoles et les commercialiser.
Grâce à cette dynamique, la production mensuelle atteint entre 200 et 500 kg, a-t-elle expliqué.
Seynabou Diedhiou a également souligné ”l’impact est particulièrement visible en période d’hivernage”, où les femmes ne sont plus obligées de quitter leur terroir. Elle a plaidé toutefois pour un accès à l’électricité, ”essentiel pour renforcer les activités génératrices de revenus et garantir une autonomie durable aux productrices”.
‘’Grâce au projet, les femmes restent au village, transforment et vendent leurs produits’’ a-t-elle déclaré.

À Bassada (commune d’Inor), Ansoumana Badji, migrant de retour, a bénéficié d’un appui de 21 millions FCFA pour clôturer un périmètre d’un hectare et installer un mini forage. Inspiré par son expérience en Libye, il s’est lancé dans le maraîchage, l’arboriculture et l’élevage.
Le migrant de retour témoigne de sa reconversion réussie grâce au projet Avenir.
Selon lui, après une tentative d’immigration clandestine vers l’Europe, interrompue par une détention de huit mois en Libye, il a été rapatrié au Sénégal.
Inspiré par la résilience des agriculteurs libyens face à la guerre, il a choisi de revenir à la terre. ‘’En prison à Tripoli, j’ai vu que seuls les agriculteurs résistaient à la crise. Cela m’a motivé à revenir à la terre’’, confie-t-il.

Sur un terrain familial, il s’est lancé dans le maraîchage, l’arboriculture et l’élevage avant l’arrivée du projet.
Le projet Avenir l’a accompagné dans cette transition, lui apportant une formation et un soutien financier de 21 millions de francs CFA pour clôturer un hectare de terrain et installer un mini forage. Aujourd’hui, Ansoumana incarne une nouvelle voie d’insertion par l’agriculture durable.
À Diaroumé, Haby Dramé, présidente du groupement féminin, exprime sa satisfaction face aux retombées du projet Avenir. D’après la présidente , grâce à l’aménagement d’un champ maraîcher d’un hectare dédié aux femmes de Ndiama, autrefois sans source de revenu, elles peuvent désormais cultiver et vendre des produits comme le gombo, le bissap et le piment.
Ces activités agricoles, menées de façon périodique, assurent aux membres du groupement une autonomie économique croissante.
Soucieuses de pérenniser cette dynamique, les femmes souhaitent étendre le périmètre cultivable pour inclure davantage de participantes, et demandent l’installation d’une chambre froide afin de mieux conserver leurs récoltes et limiter les pertes.
‘’Avant, nous n’avions aucune source de revenu. Aujourd’hui, nous cultivons gombos, bissap et piment, et nous voulons étendre le périmètre mais aussi avoir une chambre froide pour la conservation des récoltes’’ a plaidé Haby Dramé.

De son coté, Latyr Diouf, membre du personnel de l’Alliance Bioversity & CIAT à Dakar, a indiqué que le projet mis en œuvre vise à promouvoir une agriculture durable tout en renforçant l’autonomie des populations vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes.
Les bénéficiaires ont été formés à des techniques agricoles écologiques et efficaces, telles que la fabrication de compost, la gestion intégrée des sols et de l’eau, ainsi que l’entretien des systèmes d’irrigation.
Selon lui, grâce à l’installation d’infrastructures modernes, ces communautés peuvent désormais produire de manière continue, même en période de contre-saison, tout en allégeant considérablement la pénibilité du travail agricole.
Le projet répond à une réalité sociale marquée par des conditions de travail souvent éprouvantes pour les femmes et les jeunes, en leur offrant des outils concrets pour améliorer leur quotidien.
Par ailleurs, a-t-il ajouté, l’initiative œuvre à faciliter l’accès à l’eau, à fournir les équipements agricoles essentiels et à sécuriser les périmètres cultivés.
L’objectif est de créer un environnement propice à une agriculture productive et résiliente, permettant aux populations locales de subvenir durablement à leurs besoins économiques et alimentaires.

Le projet ”Avenir” illustre comment des investissements ciblés, combinés à une approche communautaire, peuvent transformer les dynamiques rurales.
En effet, a relevé Latyr Diouf, en favorisant l’accès à l’eau, aux équipements et à la formation, le projet redonne aux femmes et aux jeunes les moyens de bâtir un avenir durable, sans quitter leur terroir.
Malgré les avancées du projet, les femmes plaident pour l’accès à l’électricité afin d’optimiser les activités génératrices de revenus. La mise en place d’une chambre froide est également sollicitée pour conserver les produits transformés et éviter les pertes post-récolte.

OB/ADL


